CLXXVII
La persévérance n'est digne ni de blâme ni de louange, parce qu'elle n'est que la durée des goûts et des sentiments , qu'on ne s'ôte et qu'on ne se donne point. . • >
CLXXVIU.
Ce qui nous iait aimer les nouvelles connoissances , n'est pas tant la lassitude que nous avons des vieilles , ou le plaisir de changer , que le dégoûtde n*êtrepasassezadmirésdeceuxqui nous connoissent trop , et l'espéfance de l'être davantage de ceux qui ne nous connoissent pas tant.
Nous nous plaignons quelquefois légèrement
de nos amis» pour justifier par avance notre
légèreté.
Notre repentir n'est pas tant un regret du mal que nous avons fait , qu'une crainte de celui qui nous en peut arriver.
Il y a une inconstance qui vient de la lé-
MAXIMES
gèreté de l'esprit, ou de sa foiblesBe, qui lui fait reœvoir toutes les opinions d*autrui ; et il y en a une autre, qui est plus excusable , qui vient du dégoût des choses.
•CLXXXn.
Les Tiœs entrent dans la composition des vertus, oomme les poisons entrent dans la composition des remèdes. La prudence les assemble et les tempère , et elle s*en sert utilement contre les maux de la vie.
• (XXXXin.
n faut demeurer d'accord , à l'honneur de la vertu , que les plus grands malheurs des hommes sont ceux où ils tombent par les crimes.
Nous avouons nos défauts pour réparer par notre sincérité le tort qu'ils nous font dans l'esprit des autres'.