CLXXXV
n y a des héros en mal comme en bien.
dxxxvi.
On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices; mais on méprise tous ceux qui n'ont aucune vertu *.
CLxxxvn.
Le nom de la vertu sert à l'intérêt aussi utilement que les vices.
CLXXXVffl.
La santé de l'ame n'est pas plus assurée que celle du corps; et quoique l'on paroisse éloigné des passions, on n'est pas moins en danger de s'y laisser emp(H*ter, que de tomber malade quand on se porte bien.
■ rar. Noos ivouoni nos débuts, afin qo'en donnait bonne opinion de la Jurtice de notre esprit, noos réparions le tort qo'ils nous ont bit dans l'esprit des autres* (1665— n» 10S. )— Nous n'ayonons Jamais nos défauts que par Tanilé. ( 1663— n« 200. )
• Far, On peut haïr et mépriser les Tiœs , sans haïr ni mépriser les Ticieux; mais on a tonjours du mépris ponr œox qui manquent de Tortu. ( 1065— n» II». )
«U semble que la nature ait prescrit à d homme, dès sa naissance, des bornes poi vertus et pour les vices.
n n'appartient qu'aux grands honnne voir de grands défouts.
• CXCL
On peut dire que les vices nous atte dans le cours de la vie, oomme des hôtes qui il faut successivement loger ; et je que l'expérience nous les fit éviter, s'il étoit permis de fîdre deux fois le mômech
cxcn.
Quand les vices nous quittent , nous flattons de la créance que c'est nous qi quittons.
cxaiL
n y a des rechutes dans les maladies de comme dans ceileft du corps. Ce que nous nous pour notre guérison , n'est le plus so qu'un relâche ou on chaugement de mal.
CXCIY.
Les défauts de l'ame sont comme les sures du corps ; quelque soin qu'on pren les guérir, la cicatrice paroll toujours , e1 sont à tout moment en danger de se roi
Ce qui nous empêche souvent de nous .
donner à un seul vice , est que nous en i
plusieurs.
Nous oublions aisément nos fiiutes, qu'elles ne sont sues que de nous '.
n y a des gens de qui Ton peut ne jj croire du mal sans l'avoir vu; mais il n
> ym\ Quand il n'y a que nous qui savons nos crin sont bientôt oubliés. (1663 — n« a07.)
DE LA ROCHEFOUCAULD
a point en qui il nous dohre surprendre en le Toyant.
cxcvm.
Nous élevons la gloire des uns pour abaisser celle des autres : %t quelquefob on loueroit moins monsieur le Prince et monsieur de Turenne, si on ne les vouloit p<ûnt blâmer
tous deux '.
Le désir de parottre babile empécbe souvent de le devenir.
•ce.
La vertu n'iroit pas si loin , si la vanité ne lui tenoit compagnie.
Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde, se trompe fut; mais celui qui croit qu'on ne peut se passer de lui, se trompe encore davantage.
ccn.
Les faux honnêtes gens sont ceux qui déguisent leurs défauts aux autres et à euxmêmes; les vrais honnêtes gens sont ceux qui les connoissent parfaitement et les omfessent.
ccm.
Le vrai honnête homme est celui qui ne se pique de rien.
*ccv.
La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté*.
•ccv.
L'honnêteté des femmes est souvent l'amour de leur réputation et de leiur repos.
C'est être véritablement honnête homme »
> nus ta première éditton (1065 — n» 149), cette réflexioo et h 149* n'en fusoient qu'une leuta, et étoient oompriies toas le même n«. Dés ta 3^ édition (1666) . La Rochefoucauld tes sépara et les ptaca dans l'ordre où elles sont a^Jourdlioi.
• rar. Dans ta première édition, ta pensée se terminolt ainsi : ■ c'est on attrait fin et délicat, et une donoenr déguisée. > ( f 665 — n*ll6.)
que de voul<Mr être toujours exposé a la vue des iMNuiétes gens.
ccvn.
La folie nous suit dans tous les temps de la vie. Si quelqu'un paroit sage, c'est seulement paroeque ses fÛies sont proportionnées à son âge et à sa fortune.
n y a des gens niais qui se connoissent et qui emploient habilement leur niaiserie.
Qui vit sans folie , n'est pas si sagequll croit.
En vieillissant» on devient plus fou et plus
sage.