G SUR THÉOPIinASTE
philosophe d*euseigiier dans les écoles. Ils obéirent : maïs Tann^ suivante, Philon ayant succédé à Sophocle, qui était sorti de charge, le peuple d'Athènes abrogea cette loi odieuse que ce dernier avait faite , le condamna à une amende de cinq talents, rétablit Théophraste et ie reste des philosophes.
Plus heureux qu'Aristote, qui avait été contraint de céder à Eu*
. rimé<lon , il fut sur le point de voir un certain Agonide puni
comme impie par les Athéniens , seulement k cause qu'il avait osé
Taccuser d'impiété : tant était grande raffoctlon que ce peuple avait
pour lui, et qu'il méritait par sa vertu'.
En effet on lui rend ce témoignage, qu'il avait une singulière pn> deuce, qu'il était zélé pour le bien public, laborieux, officieux , affable, bienfaisant. Ainsi, au rapport de Plutarqne^, lorsqu'Erèse fut accablé de tyrans qui avaient usurpé la domination de leur pays, il se joignit à Phidias ' sou compatriote, contribua avec lui de ses biens pour armer les bannis, qui rentrèrent dans leur ville, en chassèrent les traîtres, et rendirent à toute l'ile do Lesbos sa liberté.
Tant de rares qualités ne lui acquirent pas seulement la bienveillance du peuple , mais encore l'estime et la familiarité des rois. Il fut ami de Cassandre, qui avait succédé à Aridée, frère d' Alexandre-le- Grand, au royaume de Macédoine^; et Ptulémée, fils de Lagus et premier roi d'Egypte , entretint toujours un commerce étroit avec ce philosophe. II mourut enfin accablé d'années et de fatigues, et il cessa tout à la fois de travailler et de vivre. Tonte la Grèce le pleura , et tout le peuple athénien assista à ses funérailles.
L'on raconte de lui , que dans son extrême vieillesse , ne pouvant plus marcher à pied , il se faisait porter en litière par la ville, où il était vu du peuple à qui il était si cher. L'on dit aussi qiie ses dis- ^ciples qui entouraient son Ut lorsqu'il mourut, lui ayant demandé s'il n'avait rien à leur recommander, il leur tint ce discours : « La vie nous séduit, elle nous promet de grands plaisirs dans la n possession de la gloire; mais à peine commei>ce-t-on à vivre, qu'il i> faut mourir : il n'y a souvent rien de plus stérile que l'amour d« D la réputation. Cependant , mes disciples , contentez-vous : si vous
1 Voy. Cicéron tU Natur. Deorunit I, xin.
2 Voyez la prëface de M. Coray, p« 23 et suiv.
3 On autre que le fameux sculpteur. {Note de I^ Bntjrisn),
4 Voy. Diodore de Sicile, Uv. XVIII, et M. Coray, p. 208 et ■