DB LA RUSTICITÉ
lent à eux, qu'ils empoignent par la gueule, en disant * : Voilà celui qui garde la place, qui prend soin de la maison et de ceux qui sont dedans. Ces gens, épineux dans les paiements qu'on leur fait , rebutent un grand nombre de pièces qu'ils croient légères , ou qui ne brillent pas assez à leurs yeux , et qu'on est obligé de leur changer. Ils sont occupés pendant la nuit d'une charrue, d'un sac, d'une faux, d'une corbeille, et ils rêvent à qui ils ont prêté ces ustensiles. Et lorsqu'ils marchent parla ville : Combien vaut, demandent-ils aux premiers qu'ils rencontrent, lepoissdn salé? Les fourrures se vendentelles bien ^ ? N'est-ce pas aujourd'hui que les jeux nous ramènent une nouvelle lune * ? D'autres fois, ne sachant que dire , ils vous apprennent qu'ils vont se faire raser; et qu'ils ne sortent que pour cela. Ce sont ces mêmes personnes que l'on entend chanter dans le bain , qui mettent des clous à leurs souliers, et qui, se trouvant tout portés devant la boutique d'Archias * , achètent eux-mêmes des viandes salées, et les apportent à la main en pleine rue.
' Au lieu de : a Heurte-t-on, etc. , n le grec dit : a Si qnelqu^un frappe à sa porte, il répond lui-même, appelle son chien ^ et lui prend la gueule, en disant : Voilà, etc. n
^ Le grec porte : u Lorsqu'il se rend à la ville, il demande au premier quMl rencontre : Combien vaut le poisson salé ? et quel est le prix des habits de peau? n
^ Cela est dit rustiquement ; un autre dirait que la lune ramène les jeux ; et d'ailleurs c'est comme si le jour de Pâques quelqu'un disait : « N'est-ce pas aujourd'hui Pâques ? «
* Fameux marchand de chairs salées , nourriture ordinaire du peuple* *
ut COMPLAISANT. :2â7