‹ Moralistes grecsChapitre 29 sur 81 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

Du Contre-Temps.

Cette ignorance du temps et deToccasion est uno manière d'aborder les gens, ou d'agir avec eux, toujours incommode et embarrassante. Un importun est celui qui choisit le moment que son ami est accablé de ses propres affaires, pour lui parler des siennes ; qui va souper ' chez sa maîtresse le soir même qu'elle a la lièvre; qui, voyant que quelqu'un vient d'être condamné en justice de payer pour un autre pour qui il s'est obligé, le prie néanmoins de répondre pour lui ; qui comparaît pour servir de témoin dans un procès que l'on vient de juger ; qui prend le temps des noces où il est invité, pour se déchaîner contre les femmes ; qui entraîne à la promenade des gens à peine arrivés d'un long voyage, et qui n'aspirent qu'à se reposer ^ : fort capable d'amener des marchands pour offrir d'une chose plus qu'elle ne vaut ', après qu'elle est vendue; de se lever au mi-

' Le mot grec signifie proprement porter une sérénade bruyante. Voyez les notes deDuport et de Coray.

' Théophrasle suppose moins de complaisance à ces voyageurs , «'t ne les fait qu'inviter à la promenade.

' Le grec dit : « Plu» qu'on n'en a donné.»

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