CHAPITRE Xlir
De Pair empressé ' .
11 semble que le trop grand empressement est une recherche importune, ou une vaine affectation de marquer aux autres de la bienveillance par ses paroles et par toutes sa conduite. Les manières d'un homme empressé sont de prendre sur soi Tévénement d'une affaire qui est au dessus de ses forces, et dont il ne saurait sortir avec honneur^ ; et, dans une chose que toute une assemblée juge raisonnable , et où il ne se trouve pas la moindre diflSculté, d'insister longtemps sur une légère circonstance, pourêtre ensuite de Tavis des autres ' ; de faire beaucoup plus apporter de vin dans un repas qu'on n'en peut boire * ; d'entrer dans une querelle où il se trouve présent, d*une manière à l'échauffer davantage. Rien n'est aussi plus ordinaire que de le voir s'offrir à servir de guide dans un chemin détourné qu'il ne connaît pas , et dont il nepeutensuite trouver l'issue ;
• a De l'empressement outré et affecté.
^ Littéralement : a II se lève pour promettre une chose quUI ne pourra pas tenir.
^ On rendrait mieux ainsi le sens de cette phrase obscure entra* duisant : a Dans une affaire dont tout le monde convient qu'elle est juste , il insiste encore sur un point insoutenable , et sur lequel il est réfuté.»
* Le texte porte :u De forcer son valet à mêler avec de Teau plus de vin qu'on n'en pourra boire. *»