CHAPITRE XXIX
Du Goût qu'on a [x>ur les vicieuv ^
Le goût que l'on a pour les vicieux est une sorte d'inclination pour tout ce qui est mal. L'homme qui
' 11 y avait au dessous de cette monnaie d'autres encore de moindre valeur. Le grec parle de trois petites pièces de cuivre, dont huit font une obole. L'obole est évaluée par l'abbé Barthélémy à trois sons de France.
- Le grec dit : « le jour de Neptune.
^ n était défendu chez les Athéniens de parler mal des morts , par une loi de Solon, leur législateur.
* Jusqu'ici nous nous sommes contentés de conserver toutes les notes de La Bruyère sur Tliéoi-hraste, et de nous approprier ce qui
'àlA Di: GOIT qu'on a pour LES VICIKIIX.
a ce défaut aime à se trouver avec les vaincus, et avec ceux qui sont honnis et condamnés par la voix publique, espérantque ses relations avec eux le rendront plus expert et plus redoutable. Si on luinommequelquesgens de bien, il dit: a Oui, comme on Test! » et il ajoute: que personne n'est vertueux, et que tout le monde se ressemble. Tantôt il accuse riionnète homme d'être honnête homme; tantôt ilproclame que le méchant seul est libre. Si Ton veut le faire convenir du tort que fait un méchant à la société \ il avouera que tout ce qu'on dit de lui est vrai, mais qu'il faut au moins reconnaître en lui de certaines qualités : c'est qu'il a de l'esprit, qu'il est très-attaché à ses amis, et qu'il a de l'avenir. Puis il cherche à prouver qu'il n'a jamais trouvé d'homme plus capable. Il est toujoursdu parti de celui qui est obligé de se défendre enjustice\ ou qui est traduit devant le tribunal. Ils'assiéra quelquejour à côté de l'accusé, et proposera qu'on ne juge point l'homme, mais le fait. Ne suis-je pas, dit-il quelquefois , ne suis-je pas le chien du peuple, puisque je veille sur ceux qui veulent lui nuire?
nous a semblé le plus important dans les travaifX de nos devanciers Mais, pour les deux chapitres suivants, qui n'ont été retrouvés qoe dans ces derniers temps, nous avons cru devoir en donner une traduction originale, en conservant toutefois les titres tels que La Bruyère, qui ne connaissait pas ces chapitres, les a donnés dans son Discours sur Thcophrastc.
' n y a ici dans le ie\iQ une lacune que nous avons cru devoir remplacer ainsi, pour la suite du discours. Schweighœuser supplce pa.^ ces mots : « Si quelqu^in le consulte au sujet d'un méchant homme, f t ajoute ces mots : u II me paraît qu'il est question d'un homme auquel on veut confier quelques fonctions publiques, w ' C'eft-à-dire, celui contre qui s'élèvent! es plus graves préventions
m: GAIN SORDIDE. 21t>
Comment aurions-nous des gens quis'ccoupentdes intérêts publics, si nous rejetions de tels hommes? Il aime à protéger les hommes les plus corrompus, et à siéger dans les tribunaux, quand il y a quelque sale alFaire. S'il juge une cause, il prend en mauvaise part tout ce que disent chacun des deux adversaires. En somme, cette passion des gens vicieux est sœur du vice, et le proverJ>e est bien vrai : « Qui se ressemble s'assemble, c'est-à-dire qu' on cherche toujoursetpartout son semblable '.