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Il est des circonstances fâcheuses et critiques où l'ami vertueux et fidèle est le plus précieux des trésors. Vous en trouverez peu de ces amis à toute épreuve qui osent vous connaître encore dans l'adversité; qui, n'ayant qu'une âme avec vous, partagent avec un courage égal et vos succès et vos revers.
DE THÉOGMS. rS(>7
Les peines de riiomme vertueux sont les jouissanres du méchant ; mais le lion lui-même ne trouve pas toujours de proie , et la dévorante perplexité se place souvent dans le cœur de Thomme injuste et Jouissant.
Tu veux que je sois ton ami; aide-moi de cœur et non de bouche. Si tes sentiments sont peu sincèi^s, si tu as pour moi Tamilié sur les lèvres et Findifférence dans le c<ï?ur , je préfère ta haine. Ose me poursuivre ouvertement, je tâcherai du moins de repousser tes attaques : un cœur double est plus dangereux pour ami que pour ennemi.
Cet homme parle d'une manière et pense d'une autre ; il ne cesse de te louer en ta présence, et dans ton absence il marque peu d'estime pour toi : ce peut être un agréable convive, mais c'est untrès-médiant ami. Quels avantages te promets-tu de sa fausse tendresse? Cen'cstpasluiqui te consolera dans la douleur, qui t'aidera dans l'adversité : il réunirait tous les biens de la fortune, sans penser à t'en faire part.
5G8 se.NT£.\CES
Xf.
Tu fais du bien au méchant ; n en espèreaucun rt tour : c'estsemer surles vaguesde TOcéan tourmenté On ne voit jamais ni les jaunes moissons s'élever su* les vaguesde la mer, ni la reconnaissance naître dans'
le cœur du méchant
Il stdes gens qui exigent toujours, et qu'on ne, peut Jamais contenter. Qu'on manque une seule fois | à répondre à leurs désirs, on perd tout le fruit de ses bienfaits passés , et Tamitié chancelante qu'on | leur avait inspirée est pour toujours éteinte dans leur |
cœur.
xin.
Mais rhomme honnête et sensible profite avec reconnaissance des bienfaits qu'on lui accorde, et jouit encore longtemps après du plaisir de les avoir reçus.
On ne manque jamais d'amis à table ; on en trouve peu dans les moments difficiles de la vie.
Rien de plus difficile à connaître que riiomnie
DE THÉOCiNlS. 560
aux. Avec un peu d'habileté, on découvre aisément e mélange de l'or, mais on ne distingue pas de même 'ami perfide qui porte la bienveillance sur le front et a fourberie dans le cœur. •
Ne fonde pas ta gloire sur les richesses et la puisjance : ces avantages ne t'appartiendraient pas, et seraient toujours du ressort de la fortune.
Aveugles que nous sommes! nous n'avons que des opinions vaines, et l'ignorance est notre partage, tt'est-il donné de prévoir ce qui résultera de mes desseins? Je crains de mal faire, et je fais bien ; je veux bien faire, et je fais mal. L'événement trompe fous mes projets, toutes mes vues : je me trouve arrêté sans cesse par les lois de l'invincible nécessité. Il n'est que les dieux dont les œuvres soient toujours d'accord avec leur intelligence.
Tu trompes l'ami que tu as séduit par les dehors Je l'hospitalité; tu repousses le malheureux qui t'implore ; les dieux le savent.
Préfère la pauvreté dans le sein de la justice à l'abondance que procure l'iniquité.
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Tous les vertus sont (joniprises dans la justice : si tu es juste, tu es homme de bien.
La fortune peut prodiguer ses faveurs au plus méchant des hommes : il est peu de mortels à qui les dieux aient accordé la vertu.
XXH.
Garde-toi, dans ta colère, de reprochera Tindigent la pauvreté qui flétrit Tâme. Les dieux font pencher comme il leur plait la balance : souventils laissent nu, celui qu'ils avaient comblé de biens. i