‹ Morceaux choisisChapitre 118 sur 439 · CF., dans le Faust.de Gœthe · texte numérisé non relu

CF., dans le Faust.de Gœthe

ces paroles de Méphistophéles :

«Il se débattra, il me saisira,-il sé roidira contre moi; et pour son supplice, il y aura des ali:

ments et des liqueurs qui se balanceront devant ses lèvres

avides sans jamais les toucher.

Il implorera du soulagement, mais en vain. » AE

2. À vrai dire, Frank n’a aucun esprit d’immolation. Ce qu’il cherche dans la guerre,

c'est l'emploi et l’adoralion de

son énergie, ce sont des émotions violentes, la preuve de sa propre valeur, Il est incapable.

de s’oublier. É

3. Cette maîtrise de soi prend son origine dans un orgueil démesuré. Frank met d’un côté l'humanité, de l'autre sa propre personne; et il somme l’humanité de se justifier devant lui, C'est une conception puérile.

Mais l’intensité dramatique de cette scène n’est pas contestable.

x Ve ’ SE FE ONN ALFRED DE MUSSET , AR AE

[Scène atroce: Belcolore vient plenrer sur le cercueil de Frank, |:

Mais Frank, sous J’habit du moine, la tente, couvre la bière d’or et de . billets, puis jétte un bracelet, un collier, tout en la prévenant qu'il est

d'humeur bilieuse et que son

visage

est affreusement défiguré.

. Belcolore cède à la tentation. Alors’ Frank écarte le drap mortuaire : la bière ést vide ; il se démasque : « Va-t'en! » 1] la chasse, som poignard à la main. Ici long monologue.] ; Ts

À, FRANK, seul.

Ta lame, Ô

mon stylet, est belle toute nue!

Comme une belle vicergé. — O mon cœur et mon bras, Pourquoi donc tremblez-vous, et pourquoi l’un de l'autre Vous approchez-vous donc, comme pour vous unir ? Oui, c'était ma pensée ; — était-ce aussi la vôtre,

Providence de Dieu, que tout allait finir ? |

Et toi,.morne tombeau, tu m’ouvres ta mâchoire. «

Tu ris, spectre affamé#. Je n’ai pas peur de toi.

Je renierai l’amour, la fortune et la gloire;

Mais je crois au néant, comme je crois en moi.

Le soleil le sait bien, qu’il n’est sous sa lumière

Qu’une immortalité, celle de la matière. Sr La poussière est à Dieu; — le reste est au hasard. < Qu'a fait le vent du nord des cendres de César? : = Une herbe, un grain de blé, mon Dieu, voilà la vie.

‘Mais moi, fils du hasard, moi Frank, avoir été

Un petit monde, un tout, une forme pétrie,

1, L'idée de ce premier vers, ,

c'est que la mort volontaire purifie l’âme que la vie a souillée.

L'arme immaculée qui donne la mort symbolise la fiancée virwinale à laquelle aspire, en tremblant, le cœur détu de vivre. À la pensée d’une douceur chaste goûtée dans l’anéantissement, s’unit une invocation à la Providence, qui a conduit

Frank, par l’universelle décep-

tion, au désir de la mort libératrice. FEU

2. A la séduction du néant, brusquement succède l’horreur du néant. L'acte de la mort volontaire affirme encore la force, l'exercice d’une force se détruisant elle-même à l'instant de sa

noce Mais après la mort,

imagination très sensitive du poète craint le tombeau, qu’elle voit comme une bête dévorante.

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