‹ Morceaux choisisChapitre 125 sur 439 · PAR AUT + ET · texte numérisé non relu

PAR AUT + ET

une’heure à côté de cette en-

Comédie

L'œuvre expliquée

: [On a représenté un arrangement de quelques scènes de cette comédie au Fhéâtre-Français, le 29 novembre 1880. Les Variétés et lOdéon l’ont donnée en 1881. Mais elle n’est faite que

pour un public de délicats : « Quel gentil Eden, avait dit Mon-

téout (REVUE DES DEux MONDES, 1ér juin 1881, Nos Morts contemporains), que le jardin enchanté du bon duc Laërte, avec les gracieux mystères qui se passent sous les ombres transpa-

réñtes dont le baignent les claires nuits d’été et les doux mur-

mures d'amour qui traversent son silence, Depuis le merveilleux jardin d'Italie où, au cinquième acte du MARCHAND DE VENISE (de Shakespeare ; A. de Vigny en avait écrit en 1828 une traduction en vers), Bassanio et Portia écoutent dans le ciel étoilé la musique des sphères, tandis que Lorenzo montre à Jessica, suspendue à son bras, le clair de lune endormi sur le banc de

4 Dans une lettre du # août | deJean-Paul Richter (6 juin 1831), 1831,. Musset exprime très joli- | parmi lesquelles Musset avait ment le charme de la jeune fil- cité celle-ci : « L’âme d’une jeune le: « Dimanche, après le dîner, | fille ressemble à une rose épaje baïîllais comme une huître | nouie ; arrachez à cette rose dans la grande allée des Tuile- | épanouie une seule feuille de ries, quand j'ai aperçu les de- son calice, toutes les autres moiselles*** assises au pied tombent aussitôt.»

d’uné caisse d'oranger. Je les ai Dans les vers à Pépa (1831),

abordées et je me suis assis près | l'ironie est plus sensible que la de la plus jeune. Elle avait un | tendresse et le respect: « Pépa,

pau chapeau blanc avec des ru- quand la nuit est venue, — Que ans verts. Tout ce qu’elle di- ta mère l’a dit adieu; 6 Pépita, sait était charmant d’ignorance. charmante fille, — Mon amour, à

On sent dans ses regards je ne quoi penses-tu ? — Qui sait ? sais quoi de frais et de tendre | peut-être à l’héroïne — De queldont elle ne se-doute pas. Elle que infortuné roman ; — À tout. ne connaît pas plus l’amour qui ce que l'espoir devine — Et la est en elle qu’une fleur ne con- | réalité dément ; — Peut-être à naît son parfum. La beauté | ces grandes montagnes — Qui d’une jeune fille a quelquechose | n’accouchent que de souris ; — d’indéfinissable. Je suis resté | À des amoureux en Espagne, à des bonbons, à des maris ; — fant ; il me semblait que je mé- Peut-être aux tendres confidentais glissé, à labri sous les ailes | ces — D’un cœur naïf comme le de son ange gardien. », Ceci | tien ; — A ta robe, aux airs” était écrit quelques jours après | que tu danses ; — Peut-être à l'article (p. 131) sur les Pensées | moi, — peut-être à rien. »

re —

gazon, la poésie 1 n’a pas inventé un théâtre pareil pour! ‘la rêverie et le bonheur. Que tout cela est suave de couleur, limpide de lumière, argentin de sonorité: »]

Amal yse et Extraits

- ACTE ITTI

[ Scène I : Ninon et Ninette sont les deux filles du bon duc Laërte ; Ninette, en traversant le parc un soir, voit venir vers elle un homme qui « l'enlève dans ses bras, l'embrasse tant qu’il peut, la repose par terre et se sauve en courant. » Emoi. Est-ce un voleur? Non, ce ne sont pas des façons de voleur. Il avait des éperons | d'argent, un manteau de velours. Cela donne à rêver à Ninette et à Ninon. Ninon s'endort : elle est réveillée par une sérénade : « Quoi! tu n’as pas d'amour et tu parles de wivre | » - |

Elle soulève la jalousie ; elle regarde : RE

Ses éperons d'argent brillent dans la rosée ; Une chaîne à clands d’or retierit son manteau noir.

Qui est-ce ? :

Scène II : Le grotesque Irus, neveu de Laërte, à sa toilette, Etalage de vanité ridicule. Laerte vient le - presser d'en finir pour se mettre à table ; il lui annonce l’arrivée du fils, d’un vieil ami, Silvio, qui doit épouser Ninette ou Ninon : « Vous pouvez vous attendre à trouver votre tour, mais Silvio choisira. »|

SCÈNE III Le jardin du Duc. 6 NINON, NINETTE, dans deux bosquets séparés.

NINON Cette voix retentit encore à mon oreille.

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