L’Arcadie de Sannazar (poète DER FE jtali orici : SQ
2, Voyez ce qu’en fera Cécile | italien d'origine espagnole, 1458 dans Z{ ne faut jurer de rien 1530), mise en un français char- 350 J ? mant pour la première fois en
er ; ’} SES el 3.C’estle hérosdes Amadisque | s ie Hard Ne Re Te
nl . à SFr la France a toujours préféré : | Pastor Fido de Guarrini et l’Aminte du Tasse, l’une des œuvres qui ont exercé le plus d’influence sur le développement. de la pastorale française jusqu’à PAstrée, dont je ne vois pas que Musset ait jamais parlé, mais que G. Sand connaissait bien.
ce préfére-la légèreté joyeuse de son frère Galaor. Celui-ci, elle l’a choisi aussitôt pour son héros favori. Son amour ne se pique pas de ferveur religieuse, sa bravoure s'accompagne de gaieté, ses galanteries sont iro-
niques un peu; il sait ce qu’on .5. Lara, l’un des héros de lord lui doit et réclame le prix de ses Byron, est d’une toute autre services ; il est pimpant et jeu- | qualité morale que les héros
me...» (J. Marsan, La Pastorale | des. Amadis ou de lArcadie; dramatique française..,pA37).On mais il suftit qu’on lesache bles- |;
voit donc que ce Galaor,en réa- | sé d’une incurable mélancolie. lité, s’opposait au beau téné- | L’imagination d’un lecteur ému breux,quiserepaîtd’idéal.Mais, | n’est-pas comme l'esprit d’un . à distance, toute la sentimenta- critique ; elle sent les affinités, Hté chevaleresque s’est, pour | et néglige les différences. C’est . Musset, symbolisée en lui; tan- ainsi qu'avec des éléments sou dis qu’il était «l’idéalisme ré- | vent très dissemblables, la tra-
-duit aux conditions du bon | dition compose et harmonise -sens,» le voici devenx symbole | une seule figure.
NC
160 / * ALFRÉD DE MUSSET.
Vous rossez mes valets; vous forcez mes verrous ; Vous caressez le chien !; vous séduisez la fille; | Vous faites le malheur de toute la famille.
‘Voilà ce que l’on veut trouver däns un époux.
SILVIO
Quelle mélancolique et déchirante idée?! RES Elle est juste pourtant; — qu’elle me fait de mali! LAERTE PNA
£ ue y A
Ah! jeune homme, avez-vous aussi votre idéal ? SILVIO |
Pourquoi pas comme tous ? Leur étoile est guidée , Vers un astre inconnu qu'ils ont toujours rêvé; Et la plupart de nous meurt sans l'avoir trouvé. ; LAERTE Nue 2 & Attachez-vous du prix à des enfantillages ?
Cela n'empêche pas les femmes d’être sages, RU Du Bonnes, franches de cœur‘; c’est un goût seulement; :. , Cela leur va, leur plaît, — tout cela, c’est charmant. xs 1. Il y a péut-être ici une puisque c’est Silvio qui la fait, réminiscence du conseil que tandis que Ninon et Ninette n'y : donne à Clitandre la spirituelle songent pas, faudrait-il en cou- Henriette des Femmes Savantes: | clure que pour Musset un cœur un ämant, lui dit-elle, doit ga- d'homme valût mieux qu'un. gner la faveur de tous ceux qui | cœur de femme”? Le2e acte vous” entourent sa belle. « Æf, pour | offrira de quoi répondre à ce
n'avoir personne à sa flammecon- | doute.
iraire,-jusqu'au chien du logis il | 3. Silvio souffre de sentir s'efforce de plaire.» (Ceci même, qu’un certain mal puisse être ya est un souvenir de Plaute, com- | condition d’un bien. Mais il ne
* me le font remarquer M..et s’attardera pas dans cette tris- Mr: P. Crouzet en leur édition, | tesse. Noter pourtant qu’il garp.42.) : | dera toujours un regret etjun
2. Noter que si ‘imagination | remords d’agir comme laura de Silvio est séduite, il n’en dit |: voulu Laërte. NOUS ECS rien. Voici qui. pourrait faire 4. Cest là le fond de la pen-” douter de l'interprétation pro- | sée de Musset. V. ici A. IE, Sc. 6, poséeici, p.198, n.1.— C’estquelke | el:tout le rôle de Cécile dans l cœur chez lui n’est jamais dupe | ne faut jurer de rien. Un cœur de l'imagination, ni perverti par |: naïf comme celui de Silvio est elle : il reste droit eétbon, C’est | inquiété par la coquetterie et aussi que, dans ce romanesque | par le goût romanesque. d'une dont parle Laërte, il se mêle de : jeuneille;— un sot,qui secroit la tromperie; de la vulgarité, entendu, en conclut qu’il faut. de la souffrance. C’est une con- toujours ruser avec les femmes ; cession, au fond, à une concep- | —unhommed’espritneraisonne tion fausse et inférieure de la pas, ne déduit pas :‘il observe: vie. Le véritable idéalismen’est |: la candeur et la simplicité proas romanesque. Voyez d’ail- | fondes d’une âme de jeune fille, éurs la suite, qui oblige à ré- | que. Silvio, tout à l’heure, doit flechir sur cette distinction; -et | découvrir avec ravissement.
Ps
cs
+ 7 + | À quor RÊVENT LES JEUNES FILLES
Ecoutez-moi, Silvio : — ee soir, à la veïllée,
Vous vous cuirasserez d’un large manteau noir. Flora! dormira bien, c’est moi qui l'ai payée.
Ces dames, pour leur part, descendront en peignoir. Or vous vous doutez bien, par cette double lettre, Que ce que vous vouliez, c'était un rendez-vous. Car, excepté cela, que veut un billet doux ?
Vous pénétrerez donc par la chère fenêtre.
On vous introduira comme un Conspirateur.
Que ferez-vous alors, yous, double séducteur ?
Vous entendrez des cris. — C’est alors que le pèré, Semblable au commandeur dans Le Festin de Pierre?, Dans sa robe de chambre apparaîtra soudain.
IL vous provoquera, sa chandelle à la main.
Vous la lui soufllerez du vent de votre épée.
S'il ne reste par terre une têle coupée,
Il y pourra du moins rester un grand seau d’eau,
Que Flora lestement nous versera d'en haut.
Ce sera tout le sang que nous devrons, répandre. Les valets aussitôt le couvriront de cendre ;
On ne saura jamais où vous serez passé,
Et mes filles crieront : « O ciel! il est blessé! »
[Silvio se défend encore un peu;
qu’il n’est timide.
Scènes I-V :
mandations :
mais Laërte est plus persuasif