CŒLIO
Je ne puis dire pourquoi; il me semble que tü vas me tromper.
OCTAVE
Touche là. Je te jure Sur mon honneur que Marianne
sera à toi, ou à personne au monde, tant que j'y pourrai quelque chose. ALES
Cœælio'sort. — Entre Marianne. Octave l'aborde.
[Octave plaide auprès de sa cousine da cause de l’amoureux Cælio; mais Marianne est coquette, malicieuse, et puis elle trouve Octave bien plus amusant qu’un amoureux transi. — Octave essaye de piquer son cœur én lui disant que Cœlio ne l’aime plus; marivaudage, dispute où ils rivalisent d’esprit, et’ où Marianne laisse voir un dépit douloureux, non pas de la prétendue inconstance de Cœælio, mais de la légèreté de tous les hommes, qui ne voient dans une ‘femme que « l'occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par-dessus son épaule.»
: Tandis que Cœlio souffre de son indifférence, elle souffre de celle
d'Octave, qui se fait auprès d’elle un avocat d'amour, et qui traite son cœur en badinant. Claudio passe : escarhouche éntre « ce juge plein de causticité,... ce cher procès-verbal. cette chère sentence de
mort », et le « cousin plein de facéties,;,. ce godelureau chéri,..,. ce :
charmant pilier de cabaret ». La conversation reprend ; Marianne essaie
de confesser Octave, de lui faire avouer que sa solitude de cœur lui pèse, :
qu’il désire mieux au monde qu’une bouteille de Eacryma-Christi : X «