‹ Morceaux choisisChapitre 151 sur 439 · SCÈNE VI | Un cimetière · texte numérisé non relu

SCÈNE VI | Un cimetière

OCTAVE ET MARIANNE, auprès d’un tombeau.

74 OCTAVE

Moi seul au monde je l’ai connu. Cette urne d’albâtre, couverte de ce long voile de deuil, est sa parfaite image. C’est ainsi qu’une douce mélancolie voilait les perfections de cette âme tendre et délicate. Pour moi seul, cette vie silencieuse n’a point été un mystère. Les longues soirées que nous avons passées ensemble sont comme de fraîches

oasis dans un désert aride; elles ont versé sur mon cœur les seules gouttes de rosée qui y soient jamais tombées. Cœlio était la bonne partie de moi-même; elle est remontée au ciel avec lui. C'était un homme d’un autre temps; il connaissait les plaisirs, et leur préférait la solitude; .il » savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité, Elle eût été heureuse la

femme qui l’eùt aimée.

4. En adaptant sa pièce à la | de la muraille : là est couché scène, Musset comprit la né- mon seul ami. Quant au reste, . cessité de lier ce dénouement à je ne m’en soucie guère. — lintrigue par un lien drama- |. Pas même de votre vie, ni de tique. Octave survient, l’épée la mienne ? — Pas même de à main ; Marianne tremble | cela. Regardez là-bas. Moi seul pour lui, pour elle: lui, ne veut | je l’ai connu. Posez sur sa . penser qu’à Cœlio : « Regardez tombe une urne dalbâtre, Couà-bas, derrière ces arbres, cette | verte d’un long voile de deuil, ce petite place sombre, au coin sera sa...» ï

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