L’en consoler = le consoler
mais que des pensées mélodieude son exil. — Ces vers sont
Ses, »
foi au cœur des jeunes hommes, en ne leur laissant plus d’autre asile que le suicide : « Dors-tu content, Voltaire... » (Cf. la fin de Daphue, d'A. de Vigny: « Stello regarda tristement le grand Christ d'ivoire. Le Docteur Noir dit avec une gravité froide: Tout est consommé. Ils regardèrent la statue de Julien. À ses pieds était Luther, ef plus bas Voltaire qui riait. »)."Ce réquisitoire s'étale sur cinq pages, où il n’y a rien de plus, au fond, que dans l’apostrophe de Frank aux « analyseurs maudits », p.148). — Musset revient à Rolla : c’est l’aube; des chanteurs ambulants chantent sur la place une ancienne romance :
- Ah! comme les vieux airs qu’on chantait à douze ans Frappent droit dans le cœur aux heures de souffrance!
Pate lee re à LR DUR ieUS 'ett ate.:s
Comme ils savent rouvrir les fleurs des temps passés,
Il brisa sur sa tige un pauvre dahlia.
« J'aime, lui dit da fleur, et je méurs embrasée * Des baisers du zéphyr, qui me relèvera. | J'ai jeté loin de moi, quand je me suis parce,
Les éléments impurs qui souillaient ma fraicheur !.
Il ni’a baisée au front dans ma robe dorée; Tu peux m'épanouir, et me briser le Cœur?. »
4. Cf. Le Roman par lettres (écrit en 1833) : « Croyez-vous que la plus humble fleur ne raisonne pas, lorsqu'elle choisit dans le sein de la terre des sucs quidoiventla nourrir, lorsqu'elle écarte et repousse les éléments
qui pourraient ternir sa frai-.
cheur.Car il faut qu’elle soit belle au lever du soleil, et qu’elle expire dans sa parure de noces sous les rayons de l’astre qui l’a tirée du néant. » (Passage repris dans
Il ne faut jurer de rien, IL, 2.) 2. Il y a, dans cette ravissante
poésie, une tendresse triste et
exaltée, un parfum de candeur passionnée, une suavité mystérieuse que l’analyse ne saisit päs. — Pourtant (est-ce parce ue je suis indigne de comprendre?), ce vers : « Tu peux m'é- -panouir.. » ne me parait pas clair. Ce n’est pas Rolla qui peut épanouir cette fleur. L'hymne d’adôration de la fleur, mourant dans la splendeur brève de sa beauté, s'adresse non à Rolla, mais au zéphyr (Cf. Lamartine, L’Automne : « La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire»),
pour qui seul elle a été belle et’ qui la faite belle. Faut-il admettre que la fleur jette un défi à la brutalité arbitraire de l’homme : « Tu peux me laisser
m'épanouir, ou, d’un geste dis--
trait, me briser. Je meurs heu-
reuse, puisque j'ai suivi la loi d'amour.» — Cette interpréta-
tion serait très acceptable; si
l’on admettait (et on peut le faire sans raffiner, étant donné ue très souvent l'imagination
e Musset devance l'expression :
analytique), que déjà, sous les ,
yeux de Rolla, cette fleur brisée
se confond avec son amour,
triste fleur épanouïe dont il va, avant de mourir, aspirer leparfum.— Comment faut-il expliquer, au 4° vers, « qui me relé-
vera ? » La tige brisée peut re-
prendre vie, d’autres fleurs peuvent naître surelle. Ainsi, pour un amour brisé, la loi de Punivers en fait renaître une infinité
d’autres, qui mourront aussi vite. La mort et l'amour s’of-
frent ensemble, et sous le même
visage, funèbre et doux, à la
sensibilité de Musset.