‹ Morceaux choisisChapitre 200 sur 439 · N’en concluez pas que Mus- | pourelle · texte numérisé non relu

N’en concluez pas que Mus- | pourelle

ë J 4) ‘ pis d’entre eux; lève-toi, tu seras ma femme, et nous prendrons racine ensemble dans la sève du monde tout-puissant!.

Il sort avec Rosette.

[Camille fait venir Rosette dans sa chambre et la confesse : Tu crois qu’il t'aime”? tu vas voir. Elle la cache derrière un rideau. Entre Perdican. Elle Iui montre sa bague, qu’elle a retirée de l’eau. Est-ce un songe ? Pourquoi Camille, « d’une heure à l’autre, change-t-elle d’apparence et de couleur, comme la pierre de cette bague à chaque rayon du soleil ? » Camille n’est pas en peine de répondre ; on dirait qu’elle a lu la cinquième feuille du Cabinet du Philosophe de Marivaux ?, sur les raisons de la coquetterie féminine, dont le sexe fort est responsable : « Avezvous bien réfléchi, dit-elle, à la nature de cet être faible et violent, à la rigueur avec laquelle on le juge, aux principes qu’on lui impose ? Et qui sait si, forcée à tromper parle monde, la tête de ce petit être sans cervelle ne peut pas y prendre plaisir...? » Cependant Rosette, qui a tout compris, s’est évanouie. Camille étale à Perdican la faute que par légéreté il a commise, en promettant son amour à cette villageoise candide. Mais Perdican s’entête : il l’épousera ! « Viens, aide-moi à secourir Rosette. » Un intervalle: désespoir comique du baron; et voilà de nouveau Camille et Perdican aux prises :

mariage qu'il va faire, persiflage, riposte. Rosette ne demandé qu'à

s’effacer; elle veut rendre le collier. Mais Perdican s’obstine, EtCamille s'inquiète, — car une plaisanterie qui dure’si longtemps,ne laisse peut: être pas d'être sérieuse. Elle aime Perdican, elle souffre, et Perdican la surprend à genoux dans son oratoire.]

Entre Perdican.

; PERDICAN | Orgueil ! le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu

venu faire’entre cette fille et moi ? La voilà pâle et effrayées qui presse sur les dalles insensibles son cœur et son visage. Elle aurait pu m'aimer, et nous étions nés l’un pour l’autre ; qu’es-tu venu faire sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient $e joindre ?

a CAMILLE

Qui m’a suivie ? Qui parle sous cette voûte ? Perdican ?

? Est-ce toi,

compliments pour le beau

4. Ici Musset confond les amours de Perdican avec les siennes. V. Lettre à G. Sand, au crayon, 1835. « Moi je me disais : Voilà ce que je ferai: je la prendrai avec moi, pour aller dans une prairie; je lui montrerai les feuilles qui poussent, les fleurs qui s'aiment, le soleil qui échauffe tout dans l'horizon

lein de vie; je l’assoierai sur u jeune chaume, elle écoutera, et elle comprendra bien ce que

disent tous ces oiseaux, tou-

tes ces rivières avec les harmonies du monde. Ellereconnaîtra

tous ces milliers de frères et moi pour l’un d’entr'eux; elle noùs pressera sur son Cœur :

elle deviendra blanche comme un lys, et elle prendra racine dans la sève du monde tout-"

, puissant, ».

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