‹ Morceaux choisisChapitre 201 sur 439 · V: feuille à la p. 481 sq · texte numérisé non relu

V: feuille à la p. 481 sq

PÉRNITAN

F1G. 29, — Costumes de Perdican (Comédie-Française).

Ces dessins inédits d'Eugène Lami sont des projets de costume pour Perdican. (Les originaux se trouvent à la bibliothèque de la Comédie-Française. M. Couët a bien voulu nous permettre de les reproduire, et nous lui en adressons tous nos remerciements.)

F1G. 30. — Costume de Camille (Comédie-Française).

Du mème auteur, costume pour Camille.

PERDICAN re à

/ Insensés que nous sommes ! nous nous aimons. Quel

songé avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles misérables foliés snt passé comme un vent funeste entre nous deux !? Lequel de nous a voulu trompr l’autre ? Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve ! pourquoi encore y mêler les nôtres ? O mon Dieu ! le bonheur

est une perle si rare dans cet océan d’ici-bas ! Tu nous

l’avais donné, pêcheur céleste, tu Favais tiré pour nous des profondeurs de l’abîme, cet inestimable joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet. Le vert sentier qui nous amenait l’un vers l’autre avait une pente si douce, il était entouré de buis-

sons si fleuris, il se perdait dans un si tranquille horizon !

il quittait Venise

il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers informes? sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes ! O insensés ! nous nous aimons.

Il la prend dans ses bras.

, CAMILLE

Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton cœur. Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas { ; il veut bien que je t'aime ; il y a quinze ans qu’il le sait.

expriment donc un regret de Musset, et un espoir De son cœur, se reprendra et de nouveau se déchirera. (V. p. 35, cf.

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