Saint François de Sales, Amour de Den) III
- son âme; il reçut la mort: avec douceur; de lui aussi un ami
aurait pu dire !:
t LA Tu tendis doucement tes deux mains à la mort, Qui les prit doucement,
La nuit suivante, « un jeune homme, qui sanglotait,» demanda à le voir: « Vous savez qu’il est mort, dit Me Colin. — Oui, je sais, je voudrais le voir.» C'était Villiers de l’Isle-Adam. Toute la jeunesse adorait Musset. Et pourtant elle n’était pas à son convoi, que peu de personnes suivirent, le #4 mai : « On ensevelit avec lui, comme il l'avait ordonné, un laid petit tricot et une plume brodée de soie que sœur Marceline lui avait faits dix-sept ans A ss On lisait sur la plume: « Pensez à vos promesses ?.. :
« C'était plus qu’ un poète, a a dit Taine, c'était un homme, »
Me Arvède Barine a répété ce mot à la fin du livre qu’elle a consacré à Musset, avec tant de pieuse intelligenée. C’est le mot de tous ceux qui l’aiment; ici, nous n’en voudrions pas d’autre. Dire qu'il a été faible, ce n’est rien dire de plus. Il ne s’est pas fait illusion sur sa faiblesse, Assurément, son œuvre ne peut être le bréviaire des jeunes gens: cependant, ils y trouveraient toujours l'exemple d’une sincérité limpide, Musset n’a jamais raffiné sur les sentiments troubles; quand sa tête s’exalte, son cœur reste bon; et les inspirations du bon sens, l'amour de la santé émanent de son œuvre bien plus fortement que les parfums morbides. L'œuvre de Musset, poète par excellence de la jeunesse,
. Vierge et passionnée, que la découverte du mal blesse au plus
vif de l’âme, symbole du sentiment, de ses divinations, de ses puissances, et. de son infirmité quand-une énergie clairvoyante et
- disciplinée ne le soutient pas, l’œuvre de Musset ne doit pas être
goûtée comme un philtre, mais comme un cordial, dont l’amertume « revigore » lâme, plus que ne l’étiole sa douteur.
X JOACHIM MERLANT.