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l'homme, me prendre corps à corps avec la tyrannie vivante, la tuer, et après cela porter mon épée sanglante . sur la tribune, et laisser la fumée du sang d'Alexandre monter au nez dés harangueurs, pour réchauffer leur cervelle ampoulée !, PHILIPPE Quelle tête de fer as-tu, ami ! quelle tête de fer ?!
La tâche que je m’imposais. était rude avec Alexandre. Florence était, comme aujourd’hui, noyée de vin et de sang. L'empereur et le pape avaient fait un duc d’un garçon boucher 3%, Pour plaire à mon cousin, il fallait arriver à lui porté par les larmes des familles ; pour devenir son ami, et acquérir sa confiance, il fallait baiser sur ses lèvres épaisses ‘tous les restes de ses orgies.. J'étais pur comme un list, et cependant je n’ai pas reculé devant cette tâche. Ce que je suis devenu à cause de cela, n’en parlons pas. Tu dois comprendre que j'ai souffert, et il y a des blessures dont on ne lève pas l’appareil impunément. Je suis devenu vicieux, lâche, un objet de'honte et d’opprobre; qu'importe? ce n’est pas de Cela qu’il s’agit.
l’action. — Il est probable aussi que Lorenzo-Musset songe ici à l’autre Brutus, celui qui tua César, fut l’ami de Cicéron, et manqua lui-même de décision dans la suite. — Enfin Musset pouvait avoir présentes à l’esprit certaines scènes de La Mort de César, de Shakespeare, où l’on voit les harangueurs, les * manieurs deprestiges oratoires, tourner et retourner l’inconstante volonté populaire. |
4. Autrement dit, Lorenzo aisserait faire aux orateurs la basse besogne qui consiste à exploiter une action accomplie, et la faire accepter du peuple:
— Noter la trivialité shakespearienne de l’expression (l’influence de Richter concorde avec celle du dramaturge anglais).
Le Lorenzo de l’histoire avait pour les lettres un talent d’amateur ; il a fait une comédie, lAridosio, qui est un arrangement de la Marmite de Plaute et que Larivey a traduite sous le titre les Esprits; mais dans le prologue il disait avec une fierté me-
… es, +
naçante, en cachant son nom :
«Après cette comédie,[lPauteur] se réserve de vous en montrer bientôt une autre, plus belle, de sa façon. » Il prétendait à la gloire suprême de l’action,
2. Musset a voulu mettre une certaine naïveté dans lPétonnement du vieux spéculatif.
3. « Un adolescent irouvédans les cuisines » et qui passait pour être le fils du pape, « métis d’Orientale et de Florentin, dit M.
Alf, Poizat (Revue de la Renais-
sance, juillet-octobre 1904), découplé comme un athlète, court et camus d'intelligence, quoi-
qu'avec des roueries d’Asiati-
que.» Les Florentins lPavaient chassé, lors du sac de Rome par le connétable de Bourbon ; c’est alors que Charles-Quint aida Clément”VII à’le rétablir.
4. Historiquement faux. Lorenzo était depuis longtemps gangrené de vices. Musset laisse voir ici sa propre sensibilité,
de vérité historique.
Notice,
-bien plus qu’il n’est Rois (Y: |
PHILIPPE A Tu baisses la tête ; tes yeux sont humides.
Non, je ne rougis point ; les masques de plâtre n’ont,
point de rougeur au service de la honte. J'ai fait ce que j'ai fait. Tu sauras seulement que j’ai réussi dans mon entreprise. Alexandre viendra bientôt dans un certain lieu d’où il ne sortira pas debout. Je suis au terme de ma peine, et sois certain, Philippe, que le bufllé sauvage, quand le bouvier l’abat sur l’herbe, n’est pas entouré de plus de filets, de plus de nœuds coulants que je n’en ai tissu autour de
mon bâtard. Ce cœur, jusques auquel une armée ne serait
pas parvenue en un an, il est maintenant à nu sous ma main l; je mai qu’à laisser tomber mon stylet pour qu'il y entre. Tout sera fait. Maintenant, sais-tu cé qui m'arrive, et ce dont je veux t’avertir ?° | Fs
, PHILIPPE Tu es notre Brutus si tu dis vrai.
LORENZO Je me suis cru un Brutus, mon pauvre Philippe; je me suis souvenu du bâton d’or couvert d’écorce?. Maintenant,
je connais lés hommes, et je te conseille de ne pas t’en mêler...
PHILIPPE Pourquoi ?- k k LORENZO
Ah! vous avez vécu tout seul, Philippe. Pareil à un fanal éclatant, vous êtes resté immobile au bord de l’océan des”
4. Varchi : Un jour le duc, pour changer de vêtements, avait laissé sur son lit une cotte de mailles très solide, qu’il n’abandonnait jamais ; Lorenzo la prit, « l’emporta hors du palais, et la jeta dans le puits de Seggio Capovano, non loin de Jà. »