‹ Morceaux choisisChapitre 259 sur 439 · PRE TL · texte numérisé non relu

PRE TL

ADFRED DE MUSSET

J'ai voul m'exiler de France;

Lorsqu'impatient de marcher, J'ai voulu partir, el chercher Les vestiges d’une espérance;

A Pise?, au pied de l’Apennin; A Cologne, en face du Rhin;

A Nice, au penchant des vallées; < ; - À Florence, au-fond des palais; .

A Brigues, dans les vieux chalets; ; -

Au sein des Alpes désolées;

A Gênes, sous les citronniers; A Vevey, sous les verts pommiers; Au Havre, devant l'Atlantique; A Venise, à l’affreux Lido, Où vient sur l’herbe d’un tombeau Mourir la pâle Adriatique;

Partout où, sous ces vastes cieux,

J'ai lassé mon cœur et mes yeux,

Saignant d’une éternelle plaie;

Partout où le boiteux Ennui,

4. Le voyage en Italie avec George Sand ; v. l’!ntroduction, p. 29).

We 2. C’est à Pise, au palais Lanfranchi, que Byron avait écrit > Manfred.

3. D’après une tradition, ce serait au Lido, — dans un cimetière que M. Malagola (Le Lido de Venise à travers l’histoire, Venise, 1909) suppose être celui des Juifs, — que G. Sand avoua en sanglotant à Musset, « par un froid matin de mars, sous les légers flocons de neige», qu’elle l'avait trahi.— Shelley (Julien et Maddale, traduit par F. Rabbe),

N qui avait demeuré avec Byron au palais Mocenigo et fait de

longues chevauchées ‘au Lido, -

décrit ainsi cette «levée » qui

brise le courant de l’Adriatique,

: du côté de Venise: « C’est un à chemin nu, formé de monticules SE de sables toujours mouvants, Ras de chardons et d’her-

>es amphibies, telles qu'en en-

#endre le suintement salé de

cun.. objet ne rompt la monotonie du désert, qu’un arbre

lPembrassement de la mer... Au-

nain et quelques rares piquets brisés.» — Déjà, GC. Delavigne avait dit (Messéniennes) :

Lido, triste rivage! Ô mer plus triste.

[encore

Ch. Nodier, dans Jean Sbogar, dit que «la nature semble avoir imprimé à ce lieu un caractère de tristesse, de solennité, qui

ne réveille que des sentiments Stendrés;+

, es idées graves et réveuses. » — Lord Byron aurait

voulu être enterré au Lido, il.

avait chanté, dans Marino Faliero V, 1), Ses sables, où vont se briser les flots de l'Adriatique (MALAGOLA; Op. cit.ch. XII). Éntin, Brizeux,sur le Lido qu'il vit en 1832, a écrit ::

Enfin, Lido, j'ai vu tes grèves désolées,

Ton sable jaune et fin où, confuses, .

Tmêlées,

On retrouve le soir les traces des ser-

le [pents

Au soleil de midi déroulés et rampants.

Ici venait Byrôn..... 10

(Publié d’abord à Ha fin d’un

article de l’auteur de Marie sur

Venise, Revue des Deux-Mondes,

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