CONTES D'ESPAGNÉ ET D'ITALIE
ES
.- On a discuté avec talent et avec chaleur, dans les salons et dans les feuilles quotidiennes, la question littéraire qui succède aujourd’hui à la question oubliée de la musique italienne. On n’a sans doute rien prouvé entièrement.
IL est certain que la plupart de nos anciennes pièces de théâtre, à défaut de grands acteurs, demeurent sans intérêt ; Molière seul, inimitable, est resté amusant.
Le moule de Racine a été brisé ; c’est là le principal grief ; car, pour cet adultère tant discuté du fou et du sérieux, il nous est familier. Les règles de la trinité de
l'unité, établies par Aristote, ont été outrepassées. En un
mot, les chastes Muses ont été, je crois, violées.
La pédanterie a exercé de grands ravages ; plus d’une -
perruque s’est dédaigneusement ébranlée, pareille. à celle de Hændel qui battait la mesure des oratorios.
Le genre historique! toutefois est assez à la mode, et nous a ‘valu bien des Mémoires. A Dieu ne plaise que je veuille décider s’ils sont véridiques ou apocryphes !
De nobles essais ont été faits : plus d’un restera commo monument ; qu'importe le reste? La sévère et impartiale critique est celle du temps. Elle seulé a voix délibérative, et ne repousse jamais un siècle pour en élever un autre ; elle se souvient, en lisant Dante? et Shakespeare, que
l'héroïne du premier roman du monde, Clarisse Harlowe%,
portait des paniers.
’ k - Janvier 1830,
. y x , EL + , . Le Ê 4, Il avait été très préconisé | moins ,savant historien, avait.
dans le milieu de Delécluze | au contraire, au plus haut de- (Souvenir de soixante années), | gré, le sens de la scène ; son
notamment par Stendhal, qui réclamait, en 1823-1825, dans son Racine et Shakespeare, la tragédie nationale en prose.
Vitet, Dittmer et Cavé, le comte de Gain-Montagnac, Prosper Mérimée, etc..., firent paraitre des scènes dramatiques,
dont les sujets étaient généra-.
lement empruntés aux Révolutions d'Angleterre, à la Ligue, à la Révolution française, mais qui se rapprochaient beaucoup plus du dialogue historique que du théâtre. Alexandre Dumas,
Henri 111 avait été joué en 1829.
Les romantiques n’ont pas réussi à constituer un théâtre national,
2: Antony Deschamps avait fait paraître, en 1829, sa traduction en vers des vingt chants de la Divine Comédie.
3. Témoignage à recueillir armi tous ceux qui attestent a vogue prolongée du roman de Richardson. (V. J. TEXTE :
J.-J, Rousseau et les origines du cosmopolitisme littéraire.) A. de Vigny le relisait,