‹ Morceaux choisisChapitre 297 sur 439 · Désespérant de réaliser la · texte numérisé non relu

Désespérant de réaliser la

perfection de l’amour roman-:

tique, le poète avait mené joyeuse vie. Il avait passé quelpe semaines dans la. vallée

e Montmorency, avec son ami Alfr. Tattet, parcourant la fo- ,

rêt au milieu de la nuit, soupant sur l’herbe à la lueur des torches. Il s’amusait de «ce ré-

ime bizarre qui le désheurait ».

Chiographie, Enfin il menait la vie d’un dilettante d’art et d’amour, cherchant partout le pale éclair, l'illusion rapide du bonheur auquel il ne croyait plus.

k. Remarquez cette nuance de poésie toute intime et famihère. La muse de Musset n'est pas une allégorie ; il la voit

sous la figure d’une femme ai-

mante. Of. A Ninon, 1836 :

Je yous dirai quelqu'un qui sait que [ie vous aime :

C'est ma-Muse, Ninon ; nous avons nos [secrets

Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, [c'est vous-même ;

Pour que je l'aime encor elle. vient

[sous vos traits.

/ Ge sont là des vers un peu complimenteurs, d’une précision trop spirituelle, tandis que la Muse de la Nuit demeure mystérieuse. Mais voyez la suite :

La nuit, je vois dans l'ombre une pâle [auréole,

Où flottent doucement les contours [d'un beau front ;

Un rêve m'apparaît qui passe et qui [s'envole ;

J'écoute à mon chevet murmurer üne | [voix ;

Un bel ange aux yeux noirs sourit, [à ma misère,

Médiocres vers, intéressants,

He : *

Tu te livres dans l’ombre à ton mauvais destin. Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne, Et tu laisses mourir cette pauvre verveine!

- Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux, A Devaient être arrosés des larmes de tes yeux. Cette triste verdure est mon vivant symbole; Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux, Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole, … Avec mon souvenir s’enfuira dans les cieux.

LE POÈTE

Quand j'ai passé par la prairie,

J'ai vu, ce soir, dans le sentier,

Une fleur tremblante et flétrie,

Une pâle fleur d’églantier.

Un bourgeon vert à côté d’elle À

Se balançait sur l’arbrisseau ; |

J'y vis poindre une fleur nouvelle ;

La plus jeune était la plus belle : SO D PEL ENT OUR

L'homme est ainsi, toujours nouveau. 10 , LA MUSE Hélas! toujours un homme, hélas! toujours des larmes! Toujours les pieds poudreux et la sueur au front! Toujours d’affreux combats et de sanglantes armes à ; Le cœur a beau mentir, la blessure est au fond. . Hélas ! par tous pays, toujours la même vie:

, ee

puisqu’à travers eux on voit de quels souvenirs, transfigurés par la méditation passionnée et par l’aspiration intellectuelle, émane cette image de l’Inspiratrice, dont le poète croit sentir la présence diffuse et l’enveloppante sollicitude. Seule présence qu'il faille aux rêveurs, selon Sully Prudhomme (Vaïr- NES TENDRESSES, Conseil) :

Il leur faut, pour témoin, dans les heu-

[res d'étude,

Une âme qu'autour d'eux ils sentent se

11 leur faut une solitude [poser, Où voltige un baiser.

« Maintenant que ta Muse fidéele. De la verveine en ‘fleur t'a couronné le front.» p. 343, n. 5.

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