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O Maria-Félicia !! le peintre et le poète Laissent, en expirant, d’immortels héritiers ; Jamais l’affreuse nuit ne les prend tout entiers :
De la mort el du temps entreprend la conquête,
4. Sur l'admiralion que Musset avait pour elle, v. aussi Le Saule, p.102, n.4. Dans £mmeline (v. p. 390), il dira de son hé-
roine : « Lorsqu'elle entendait
la Malibran, une erainte involontaire la saisissait ; rentrée chez elle et renfermée, elle passait quelquefois la nuit entière à chanter seule, et il arrivait
ue sur ses lèvres les notes
evenaient convulsives.» Voici Emmeline chantant Le Désir de Beethoven, du même accent que la Malibran (qui, lorsqu'elle avait débuté à l'Opéra le 12 janvier 1828, s'était révélée comme Pinterprète rêvée de la musique romantique) : « S’oubliant peu à peu, Emmeline répandit dans son exécution l'expression la plus passionnée, pressant le mouvement à faire battre le cœur, puis s’arrêtant tout à coup comme si la respiration lui eût manqué, forçant le son et le laissant s’éteindre. » Le style de la Malibran eut des imitatrices, et dégénéra chez elles en excès contre lesquels Musset, très épris de la pureté classique, devait protester en 1839 (REVUE DES DEux Monpess, 4°: janvier : Concert de M'° Garcia) : « La Malibran, il faut en convenir, a contribué à amener le genre à la mode; elle s’abandonnaïit à tous les mouvements, à tous les gestes, à tous les moyens possibles de rendre sa pensée ; elle marchait
brusquement, elle-:courait, elle riait, elle pleurait, se frappait
le front, se décoiffait, tout cela
mé ; l’action occu
sans songer au parterré; mais, du moins, elle était vraie dans son désordre. Ces pleurs, ces rires, ces cheveux déroulés, étaient à elle, et ce n’était pas pour imiter telle ou telle actrice, qu'elle se jetait par térre
dans Othello. » — A. de Pont-
martin (Paris fantastique, 1865) a bien caractérisé l’enthousiasme de sa génération pour cette cantatrice : « On aurait pu lui
dire,en lui montrant le parterre et l'orchestre, ce que le duc de
Brissac disait à la reine Marie- Antoinette du haut du balcon de Versailles : « Votre Majesté a là des milliers d’amants prêts à se faire tuer pour elle, » Nous
avons tous été amoureux de
Me Malibran, Notre romantisme d'alors, qui ne pouvait s’arranger de l'acte de naissance de Mie Mars et ne connaissait pas
encore M*° Dorval, se personni- .
fia avec ivresse dans cette poé: « lique créature qui nous rendait | S
akespeare à travers Rossini.
Dans nos chambrettes, on aurait pu voir, fixée au mur par deux ‘épingles, une assez mauvaise lithographie de Grevedon, représentant notre cantatrice.» V.
aussi les Soupenirs de Legouvé.
2. Musset a toujours régardé l’art comme le dérivatif des grandes énergies auxquelles le domaine de HeuRE était fer-
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le sommet des valeurs” humai-
nes V. Les Vœux stériles, p.117, + nn. 4. Re ) A x
pour lui
N'’aille plus au combat, comme
Celui-là sur l’airain a gravé sa pensée:
Et, frappés dans la lutte, ils tombent en guerriers !,
Dans un rythme doré? l’autre l’a cadencée; Du moment qu’on lPécoute, on lui devient ami: Sur sa toile, en mourant, Raphaël Pa laissée ; Et, pour que le néant ne touche point à lui, C’est assez d’un enfant suür sa mère endormi ?,
Comme dans une lampe une flamme fidèle, Au fond du Parthénon le marbre inhabité Garde de Phidias la mémoire éternelle {,