LES DEUX MAITRESSES PAC
coussin brodé, il revit tout. Chaque heure de sa vie lui donnait un conseil différent. « Non, se-dit-il enfin, ce n'est pas entre deux femmes que j'ai à choisir, mais entre
deux routes que j'ai voulu suivre à la fois, et qui ne peu-
vent mener au mème but : l’une est la folie et le plaisir, l’autre est l’amour; laquelle dois-je prendre ? laquelle conduit au bonheur ? »
Je vous ai dit, en commençant ce conte, que Valentin avait une mère qu’il aimait tendrement. Elle entra dans sa chambre tandis qu'il était plongé dans ces pensées. — Mon enfant, lui dit-elle, je vous ai vu triste ce matin. Qu’avezvous ? Puis-je vous aider ? Avez-vous besoin de quelque argent ? Si je ne puis vous rendre service, ne puis-je du moins savoir vos chagrins et tenter de vous consoler?
— Je vous rémercie, répondit Valentin. Je faisais des projets de voyage, et je me demandais qui doit nous rendre heureux, de l'amour ou du plaisir; j'avais oublié l'amitié. Je ne quitterai pas mon pays, et la seule femme à qui je veuille ouvrir mon cœur est celle qui peut le patRger avec vous,
un mouchoir de la veuve, d’un | se, croyant lui rendre le sien. tissu rude, que par mégarde Va- 4, On peut conclure de là que lentin avait donné à la Lt Valentin épouse Mr: Delaunay.
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