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RÉPONSE A LA CHANSON DE BECKER

L'œuvre expliquée

[ Voici, d'après Paul de Musset!, dans quelles circonstances ces vers, datés du 1er juin 1841, furent écrits: «.. À toutes les raisons qu’on lui donnait de rompre le silence, il [Musset] répondait par des raisons meilleures de le garder. Maïs quand la - Muse venait .d’elle-mêmeé le trouver, il la recevait bien. Ainsi, . en lisant la chanson insolente du poète Becker”, il ne résista pas au désir de relever avec verdeur le défi lancé à la France. En deux-heures, il improvisa Ze Rhin allemand. » Ces vers, restés jeunes en dépit des trois quarts de siècle qui pèsent sur eux, éveillent: aujourd’hui, après 1870 et après 1914, dans notre pensée, dans notre Cœur, des harmoniques plus riches encore qu'au temps de Musset. ]

Texte

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand, Il a tenu dans notre verre, Un couplet qu’on s’en va chantant Efface-t-il la trace altière Du pied de nos chevaux marqué dans votre sang ?

4. Notice biographique, en têle | sible, portant sa robe verte ; aussi lougdes Œuvres posthumes d'A, DE temps qu'une rame frappera ses flots, Musser P Re Cha pentier 1866. Us ne l'auront pas, le libre Rhin alle-

2. Nicolas Becker, poëte alle- .| mand, aussi longtemps que les cœurs mand, né en 1816, à Geilinkir- s’'abreuveront de son vin de feu ; chen (Prusse rhénane), mort en 2 1845. Il composa, en 1840, l/ym- Aussi longtemps que les rocs s’élèvene du Rhin, poésie agressive qui ront au milieu de son courant ; aussi souleva l'enthousiasme dans longtemps que les’hautes cathédrales toute l'Allemagne. Lamartine se reflèteront dans son miroir, -

en à es . arseillaise de Ils ne Pauront pas, le libre Rhin alle- AS RARE mand, aussi longtemps que de hardis

sie de Becker : filles élancées.

Ils ne l’auront pas, le libre Rhin alle-

. maud, quoiqu'’ils le demandent dans leurs cris comme des corbeaux avides ;

Ils ne l’auront pas, le libre Rhin allemand, jusqu’à ce que les ossements du dernier homme soient ensevelis dans ses Aussi longtemps qu'il roulera pai- vagues.

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Y L RE A ; a traduction dela poé- jeunes gens feront la cour aux jeunes. “+

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Nous l’avons eu, votre Rhin allemand.

Son sein porte une plaie ouverte, Du jour où Condé triomphant A déchiré sa robe verte. À Où le père a passé, passera bien l'enfant,

Nous l’avons eu, votre Rhin allemand:

Que faisaient vos verius germaines, Quand notre César tout-puissant De son ombre couvrait vos plaines?

Où donc est-il tombé, ce dernier ossement ? ; ’

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Si vous oubliez votre histoire, Vos jeunes filles, sûrement, à Ont mieux gardé notre mémoire ; Elles nous ont versé votre petit vin blanc. ce

S'il est à vous, votre Rhin allemand, Làvez-y donc votre livrée; Mais parlez-en moins fièrement.

Combien, au jour de la curée, Etiez-vous de corbeaux contre l'aigle expirant?

Qu'il coule en paix, votre Rhin allemand; Que vos cathédrales gothiques S'y reflètent modestement ; :

| Mais craignez que vos airs bachiques Ne réveillent les morts de leur repos sanglant!,

La

4. Pour l'étude de toutes les | voir le petit volume de Gaston circonstances qui entourèrent Raphaël : Le Rhin allemand, pula publication de la chanson de | blié par Péguy, aux Cahiers de Becker, de la réponse de Lamar- la Quinzaine. 2 tine et de la riposte de Musset, TT

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