‹ Morceaux choisisChapitre 401 sur 439 · SUR LA PARESSE · texte numérisé non relu

SUR LA PARESSE

Gaîté, génie heureux, qui fus jadis le nôtre,

Rire dont on riait d’un, bout du monde à l’autre, Esprit de nos aïeux, qui te réjouissais

Dans l'éternel bon sens, lequel est né français,

Fleurs de notre pays, qu'êtes-vous devenues ?

L’aigle s'est-il lassé de planer dans les nues, Et de tenir toujours son regard arrêté

Sur l’astre tout-puissant dont jaillit la clarté1?

{Musset conclut que ce n’est pas un plaisir d'exprimer sa pensée ;

voici des vers exquis.]

L'hirondelle s'envole, un goujat l’a blessée ;

Elle tombe, palpite et meurt, et le passant Apercoit par hasard son pied taché de sang. 4 Hélas ! pensée écrite, hirondelle envolée!

Dieu sait par quel chemin elle s’en est allée?! ‘ Et quelle main la tue au sortir de son nid!

Non, j'en suis convaincu, Mathurin n’eût rien dit,

ment propre à contenir une énumération à trois termes qui envisage une question sous toutes ses faces, qui en épuise les aspects ; grâce au rapprochement synthétique dû à lPaccélération, il fait de ces trois termes un tout; une unité qui résume la question. » (MAURICE GRAMMONT.) - 4. Noter l’heureux sans-façcon vec lequel Musset passe d’un

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badinage ému à l’éloquence 1yrique, et comment il associe à la gaieté l’héroïsme, et à la franchise la sublimité, — L’aigle est encore une réminiscence napoléonienne.

2, CE. à son frère, juin 1840 :

« J'ai dit tant de choses aux badauds. que j'ai bien le droit, une fois en ma vie, de faire quelques strophes pour mon usage particulier.» (V, p. 460.)

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