‹ Morceaux choisisChapitre 405 sur 439 · Montagne de Grèce, consa · texte numérisé non relu

Montagne de Grèce, consa

crée aux Muses, où se trouvaient les sources du Permesse etla fontaine d’'Hippocrène. Musset s’amuse à enchâsser ce nom vénéré dans ses propos fantaisistes.

>. Voici brusquement d’admirables vers: exemple de la mobilité du poète, qui passe naturellement de la plaisanterie à l'émotion. Cf. Gæœthe : Le Barde (chant populaire tiré de Wilthelm Meister), d’après Jean. Giraud (v. p. 257, n. 2) : « Celui sa na jamais arrosé son pain

e larmes, celui qui n’a pas mouillé de pleurs sa couche so-

litaire; celui qui ne connaît pas

les nuits d’angoîsse et de douleur, celui-là ne vous connaît as, Ô puissances célestes... »

Tais cf. aussi la Confession, III, A1 : « Celui qui, par une fraîche

LA y

de $ APRÈS UNE LECTURE

Soupire au fond des bois son tendre et long chagrin, Sortir seul au hasard, chantant quelque refrain,

Plus fou qu'Ophélia de romarin coilfée !,

Plus étourdi qu'un page amoureux d’une fée,

Sur son chapeau cassé jouant du tambourin ? ; ”

XII 62 i Celui qui ne voit pas, dans l'aurore empourprée, Flotter, les bras ouverts, une ombredolâtrée3; Celui qui ne sent pas, quand tout est endormi, Quelque chose qui l’aime errer autour de lui; Celui qui n’eñtend pas une voix éplorée Murmurer dans la source et l'appeler ami? ;

Celui qui n’a pas l’âme à tout jamais aimante, Qui n’a pas pour tout bien, pour unique bonheur, De venir lentement poser son front rêveur

Sur un front jeune et frais, à la tresse odorante, Et de sentir ainsi d’une tête charmante

La vie et la beauté descendre dans son cœurs;

matinée de printemps, dans la force de la jeunesse, est sorti un jour à pas lerits, tandis qu’u-

ne main adorée fermait sur lui”

la porte secrète; qui a-marché sans savoir où, regardant les bois et les plaines ;.... qui s’est assis dans un lieu solitaire,riant et pleurant sans raison ; qui à posé ses mains sur son visage pour y respirer un reste de parfum...; qui à parlé aux arbres de la route et aux oiseaux qu'il voyait passer; qui enlin, au milieu des hommes, s’est montré un joyeux insensé, puis qui est tombé à genoux et qui en a remercié Dieu: celui-là mourra sans se plaindre : Il a eu la femme qu'il aimait.» L’hymne à l’amour et l’hymne à la poésie se ressemblent beaucoup.

4. Voir l’Hamlet de Shakespeare, Ophélie, fiancée du prince dé Danemark, devient folle après

u’Hamlet, dans un’acces de fo+

lie, a tué son père, Polonius.

Elle paraît sur la scène « des fleurs et des pailtes bizarrement arrangées dans ses cheveux flottants. » Et l’une de ses paroles

est celle-ci: « Voila du romarin, c'est pour rappeler le souvenir, » (Le romarin passait pour fortifier la mémoire parce qu'il est toujours vert. Voir traduction Letourneur).

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