‹ Morceaux choisisChapitre 408 sur 439 · LE SECRET DE JAVOTTE · texte numérisé non relu

LE SECRET DE JAVOTTE

Analyse et Extraits

[ Ce conte a paru dans le Constitutionnel en juin 1844. Il se compose à vrai dire de deux histoires juxtaposées, ou rattachées par un lien très faible. La première se passe à la campagne, non loin de Luzarches, à quelque distance de Pontoise. Un oflicier de hussards, Tristan de Berville, plein d'honneur, de spontanéité, de fougue, assez fin pour s'apercevoir qu ’on le berne, pas assez pourise faire rendre raison sans violence, est- épris de la baronne de Bernage, une coquette dévote (elle appartient à la même espèce que la Me de Lestomère, de Balzac, ou certaines héroïnes esquissées par Mérimée); c'est un ambigu des plus dangereux : « Elle fait l’aumône et va à confesse .. Une femme pareille, sûre d’elle-même, belle encore et jouissant volontiers des petits privilèges de la beauté, sdit composer sans cesse, non avéc ‘sa conscience, mais avec sa prochaine confession. »

Un beau soir, à l’heure que Tristan croit être celle du berger, elle lui raconte (pourquoi? par perfidie, besoin de faire souffrir, inconscience : on ne sait trop) un potin dont elle ne dit pas la source, et d’après lequel lui, Tristan, aurait fait triste figure dans une aventure où il se serait trouvé le rival, auprès d'une certaine Javotte, d’un oflicier camarade de régiment. Il se serait dérobé à un duel. Tristan la laisse là, et se jure de lui démontrer qu'elle se trompe. — Dans la compagnie de la barônné, èt comme prétendant soupçonné, Mussèt a placé un délicieux type de hobereau imbécile, La Bretonnière, mais solennel, « 4ssommante .créature..., [qui] trouve moyen, en se taisant, d’être plus ennuyeux qu'un bavard, rien que par la façon dont il regarde passer les autres. »

La seconde partie se passe à Paris. Tristan cherche l'ami dont il fut le rival, ét qui pourrait, d’un mot, éteindre le méchant bruit : il est mort, — Comment faire? Tristan se souvient qu'en témoignage de leur réconciliation, après s'être bien promis de ne pas se couper da yorge pour une Javotte, ils avaient offert à la grisette un bracelet, en y faisant graver leurs deux noms. Il faut retrouver ce bracelet, fetrouver Javotte : le voilà chez elle. Ici, très amusant portrait de la grisette parvenue ; elle vaut bien moins que du temps où elle était tout sim- plement une bonne fille un peu faible. Une artiste qui a joué Céliméne à Belleville, qui a joué avec Frédérick Lemaître, en province, au profit d’un homme de lettres, ne peut être traitée avec désinvolture : elle le fait bien sentir à Tristan ; et, par dignité, toujours aussi par caprice, ( « une idée d’hirondelle »), elle refuse le “bracelet, ou du moins, avec des airs de baronne, elle $e réserve de le donner s "1 lui plaît, comme il lui plaira. Or Tristan rencontre chez elle La Bretonnière : la vue de c&

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nigaud l’exaspére : défi, — le nigaud accepte, sans comprendre, fort tranquillement, il m'est pas lâche. Le frére de Tristan essaye une réconciliation ; les répliqués du hobereau sont d’une cocasserie froïde, à peine sensible, tout à fait savoureuse. ;

Qu'on en juge; on remarquera que le dialogue est prêt pus la

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