‹ Morceaux choisisChapitre 61 sur 439 · RES = PORTIA · texte numérisé non relu

RES = PORTIA

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Entoure, et rend pareils à des paralytiques ;

Tes nobles arrogants, et tous tes magnifiques ! Dont l'ombre est saluée, et dont aucun ne dort Que sous un toit de marbre et sur un pavé d’or. Je n'étais, cependant, qi'un pècheuf ; mais; aux fêtes, Quand j'allais au théâtre écouter les poètes,

Je revenais le cœur plein de haine, et navré.

Je lisais, je cherchais ; c’est ainsi, par degré,

Que je chassai, Portia, comme une ombre légère, L'amour de l'Océan, ma richesse première. 5 Je vous vis, — je vendis ma barque et mes filets. Je ne sais pas pourquoi, ni ce que je voulais,

Pourtant je les vendis. C'était ce que sur terre

J'avais pour tout trésor, ou pour toute misère. Je me mis à courir, emportant en chemin ‘Tout mon bien qui tenait dans le creux de ma main?. Las de marcher bientôt, je m’assis, triste et morne, Au fond d’un carrefour, sur le coin d’une borne. J'avais vu par hasard, auprès d’un mauvais lieu De la place Saint-Marc, une maison de jeu.

J'y courus. Je vidai ma main sur une table, Puis, muet, attendant l’arrêt inévitable, Je demeurai debout. Ayant gagné d’abord, Je résolus de suivre et de tenter le sort.

Mais pourquoi vous parler de cette nuil terrible? Toute une nuit, Portia, le démon invincible Me cloua sur la place, et je vis devant moi Pièce à pièce tomber la fortune d’un roi.

Ainsi je demeurai, songeant au fond de l’âme, Chaque fois qu’en criant tournait la roue infàme, Que la mer était proche, et qu'à me recevoir Serait toujours tout prêt ce lit profond et noir. Le banquier cependant, voyant son coffre vide, Me dit que c'était tout. Chacun d’un œil avide Suivait mes mouvements; je tendis mon manteau,

1. Le nom de magnifiques, ou RP AUAqUES Seigneuries, se donnait à Venise aux membres

du Grand-Conseil, qui formaient

une très puissante aristocratie ‘dargent, (De même, en Suisse, à ceux du Conseil souverain.) 2, Comparer l'aventure de Frank (dans La Coupe et les Lèévres), dont Dalti est une esuisse. Frank gagnera aussi une ortune au jeu; il aura l’âme

tourmentée d’une indicible aspiration ; il éprouvera non pas seulement Peñnuüi dela vie régulière, comme Dalti, et l'horreur des habitudes traditionnelles, mais le mépris violent de son

clan et le besoin de se faire une

destinée d'aventures, reposant sur sa seule énergie. (V. p.130.) Mais l'aventure de Dalti s’arrétera bien en deça de la tumultueuse équipée de Frank.

Re."

WORD RU UT A RSA ET VI. PNLE ET QU 2 nec Fra F &, X > Can 88 ALFRED DE MUSSET On me jeta dedans la valeur d’un château, ,

Et la corruption de trente courtisanes.

Je sortis. — Je restai trois jours sous les platanes Où je vous avais vue, ayant pour tout espoir, Quand vous y passeriez, d'attendre et de vous voir. Tout le reste est connu de vous...

[La comtesse Portia n’est donc plus que la femme du pêcheur Zoppieri : Qu'elle le quitte ou demeure avec lui : elle est libre.]

Cependant, en silence, Comme Dalti parlait, sur l'Océan immense Longtemps elle sembla porter ses yeux errants. L’horizon était vide, et les flots transparents Ne reflétaient au loin, sur leur abîme sombre, Que l’astre au pâle front qui s’y mirait dans l'ombre. Dalti la regardait, mais sans dire un seul mot. aies

— Avait-elle hésité ? — Je ne sais ; — mais bientôt, Comme une tendre fleur que le vent déracine !,

Faible, et qui lentement sur sa tige S'incline,

Telle elle détourna la tête, et lentement

S’inclina tout en pleurs jusqu’à son jeune amant :

« Songez bien, dit Dalti, que je ne suis, comtesse, Qu'un pêcheur; que demain, qu'après, et que sans cesse Je serai ce pêcheur. Songez ‘bien que lous deux

Avant qu 1 soit longtemps nous allons être vieux; Que je mourrai peut-être avant vous.

— Dieu SasSénib le

Les amants, dit Portia; nous partirons ensemble. - Ton ange en t’emportant me prendra dans ses bras. » Mais le pêcheur se tut, car il ne croyait pas*.

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