‹ Morceaux choisisChapitre 63 sur 439 · LA LUNE · texte numérisé non relu

LA LUNE

Le chevreau noir qui doute,

Pendu sur un rocher L’écoute,

L’écoute s'approcher.

Et, suivant leurs curées,

Par les vaux, par les blés, Les prées,

Ses chiens s’en sont allés.

Oh ! le soir, dans la brise, Phœbé, sœur d’Apollo, ?

. Surprise

A l’ombre,unpieddans l’eau!

Phœbé qui, la nuit close, Aux lèvres d’un berger Se-pose, Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire, De tes belles amours L'histoire T’embellira toujours.

Et toujaurs rajeunie, Tu seras du passant - Bénie,

Pleine lune ou croissant.

‘T’aimera ! le vieux pâtre, Seul, tandis qu’à ton front D'’albâtre Ses dogues aboieront,

T'aimera le pilote Dans son grand bâtiment, Qui flotte, Sous le clair firmament,

Et la fillette preste

Qui passe le buisson, Pied leste,

En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne, Toujours sous tes yeux bleus Se traîne LOcéan montueux?.

Et qu’il vente ou qu'il neige,

Moi-même, chaque soir, Que fais-je, Venant ici m’asseoir ?

Je viens voir à la brune, Sur le clocher jauni, La lune Comme un point sur un i,

‘[Nous ne donnons pas les dernières strophes, qui étaient faites

pour scandaliser le lecteur et que, d’ailleurs, la première édition supprimait : gaminerie inspirée du Don Juan de Byron, I, 113.]

1. Cette inversion forcée est une parodie des libertés de certains romantiques. M. d’Arlincourt, l’auteur du Solitaire, d’Ip-

siboë, fut célèbre pour en avoir

abusé.

“2. Cf. Les Marrons du Feu, p.75.

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