‹ Morceaux choisisChapitre 64 sur 439 · MARDOCHE · texte numérisé non relu

MARDOCHE

L'œuvre expliquée

[Quand l'éditeur Urbain Canel eut examiné le manuserit des Contes d'Espagne et d'Italie, il demanda cinq cents vers de plus pour compléter le volume. A. de Musset les écrivit au Mans, chez son oncle Desherbiers, entre‘le 27 août et le 19 septembre 1829: ce fut Mardoche. Le 24 décembre, M. de Musset le père donna une soirée de lecture, où assistèrent Mérimée, A. de Vigny, le peintre Eouis Boulanger, Ulrich Guttinguer, Emile et Antony Deschamps. Musset récita Don Paëz et Portia, puis Mardoche, « qui cassait les vitres », et qui eut les honneurs de la soirée. « J'ai retranché du dernier poème, écrivit Musset à son -oncle, plusieurs choses un peu trop matérialistes et y ai laissé dominer le dandysme, qui est moins dangereux. » Mardoche est en effet la fantaisie, impertinente et charmante, d’un dandy.]

Analyse et Extraits

Voudriez-vous dire, comme de fait on peut logicalement inférer, que par ci-devant le monde eust été fat, maintenant seroit devenu sage ?

Pantagruel, iv. V.

J'ai connu, l'an dernier, un jeune homme nommé - Mardoche, qui vivait nuit et jour enfermé.

O prodige ! il n’avait jamais lu de sa vie Le Journal de Paris |, ni n’en avait envie.

Il n'avait vu ni Kean ?, ni Bonaparte, ni

1. Fondé en 1777, le Journal | le lisait pas, c’est dire que son

de Paris, après des fortunes di- | temps lui était complètement verses, avait jeté un assez vif | indifférent. éclat vers la fin de la Restau- 2. Kean est un grand acteur

ration, et représentait encore, anglais(1787-1833), qui était venu après 1830, la politique conser- | jouer les drames de Shakespeare vatrice. Comme nouvelliste du ; a Paris en septembre 1828 (avec matin et du soir, il était très ré- | Kemble,quitenaitlerôle d’'Hampandu; dire que Mardoche ne | let, miss Smithson, qui tenait

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