‹ Morceaux choisisChapitre 96 sur 439 · Quelque chose approchant comme une tragédie · texte numérisé non relu

Quelque chose approchant comme une tragédie

2. « Le 42 février 1564, il passa tout le jour debout, à sa Pietà. Le 14, il fut pris de fièvre et n’en sortit pas moins, à cheval, dans la campagne, par la pluie. Il ne consentit à se mettre au lit que le 16 février. Le 18, il mourut en pleine conscience. » (R. ROLLAND, op. cit.).

Il avait 88 ans.

3, «Sous Michel-Ange, dira un personnage d'André del Sarto (1833), les écoles étaient de vrais champs de bataille ; aujourd’hui elles se remplissent, à peine, lentement, de jeunes gens silencieux. On travaille pour vivre, et les arts deviennent des métiers.» (A. I, sc. 1).

« Seul, parmi tant de peintres illustres, je survis jeune en-

core au siècle de Michel-Ange, et je vois de jour en jour tout s'écrouler autour de moi... Je

Jutte en vain contre les ténè-.

bres, le flambeau sacré s'éteint dans ma main. » (A. II, se. r.) &. Il y a dans ce passage une réminiscence de Jean-Paul Richter. « Après le, dernier éclat

jeté par la peinture, après que Shakespeare eut fermé la porte du ciel, vint pour longtemps le repos des morts. La terre s'était suspendue au ciel comme le nourrisson au sein de sa mère:

devenue forte, il était temps qu'elle s’en séparât.….. » (Cité par Jean Giraud : Michelet inspirateur de Musset, REVUE BLEUE du 19 décembre 1910, et déja signalé par Musset lui-même,dans cette laconique note : « Voyez Jean-Paul » qu’il écrivit pour l’éd. in-8° de 1833). — Musset a repris une image analogue dans Un Mot sur l'Art moderne (RE- VUE DES DEux-MoNDEs, 1° septembre 1833) :.« [La raison] suspend son regard tranquille entre le ciel et la terre. Le fantome du Christ est dans sesbras, il approche en vain de

‘son sein ses lèvres décolorées,

elle le laisse expirer sur sa mamelle stérile:.…. de ses épaules musculeuses vient de glisser un manteau d’or et de pourpre qui tombe dans l’immensité.» Symbolisme fantastique à la Richter, avec un souvenir du puissant dessin de

Dont le peuple toscan ait gardé la mémoire.

Aujourd'hui l’art n’est plus, — personne n’y veut croire.

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Est-ce à moi, maintenant, au point où nous en sommes, De vous parler de l’art et de le regretter ? an Un mot pourtant encore avant de vous quitter. é Un artiste est un homme?, — il écrit pour des hommes. —

Pour prêtresse du temple, il a la liberté»? ;

- Michel-Ange, dont il ditailleurs : que Sa marque « était la staa ture des muscles robustes. »

(Comparer une image digne de Michel-Ange chez ce poète qui a tant lu Muüsset, — Sully Prudhomme; il s'adresse à la poésie: « Fais-moi donc explorer lPinfini d'outre-tombe, — sur ta grande poitrine, entre tes puissants bras.» (VAINES TENDRESses, Sur la mort.)

4. « Rome et Venise sont encore florissantes, dira encore Aridré del Sarto. Notre patrie n’est plus rien. »

? 2. Le 4 septembre 1833 (Un

mot sur l’art moderne, REVUE DES Deux-Monpes), Musset s’est ex-

-pliqué sur son individualisme artistique : « Non seulement les associations |les' écoles d'art |

étaient possibles dans les temps religieux, mais elles étaient bel-

les, naturelles, nécessaires, Au-

| trefois le temple des arts était le TS temple de Dieu même... Quel 7. - beau temps !.. on ne se creusait ot pas la tête pour inventer quel-

Les que chose dé nouveau, d’indiviir uel... » Mais actuellement, en | .f 4830, tout essai d'organisation

. artistiqueserait artificiel,tyran-

nique; nul ne peut prétendre

imposer une disci (c'etait, par exemple, la préten- SL tion des Saint-Simoniens ; v. la Lettre aux artistes deP. Leroux),

parce qu'il n’y a plus de foi, plus

Se d’accord profond entre les es- LR pis Lorsque... la foi s'éteint, :. .__ lorsqueda langue d’un pays s’al- RSR tère et se corrompt, c’est alors qu'un homme comme. Gœæthe

. peut montrer ce qu'il vaut, et

se créer tout à la fois le moule, la & à matière et le modèle. » Ainsi,

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de l'anarchie des intelligences, peut surgir un esprit créateur, qui ne relève que de lui. Ce n’est-point par « l'association » que l’art se régénère..

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