Voir Lettre à Mérimée
-I1 parle d’une discussion qu'il a
- eue avec un parent « sur [a dou-
‘ble manière dont on peut envisager les choses de la littérature, c'est-à-dire par leur côté réel ou ur côté fantastique et phiosophique.Vous concevez aisémentque votre nom s’esttrouvé
mêlé à la conversation. En sor-
tant delà, j'ai faitune vingtaine
de vers sur ces idées, que. j'ai ajoutés à la préface que vous connaissez...» Et ilcite ces vers,
lampe à la main », — puis : « Celui-la voit l'effet » et les trois vers suivants, — non sans prier Mérimée de lui dire s'il n'y trouve rien qui le désoblige.
4, * Examiner dans ce verset.
les suivants la:manière dont Musset symbolise, par une analogie-très étudiée, le travail de la création dramatique(car ilne s’agit ici que du drame, dont Pavenir préoccupait tant les romantiques ; on sait qu'ils ont voulu tout y mettre). Il cherche à rendre ici ce qu’il y a d’incisif, d’exactitude sèche et dure dans Part de Mérimée. Noter qu'ilne
- fait aucune réserve sur ce que
-Mérimée a pu mettre d’ironie dans son Théâtre de Clara Gazul.
5, Musset veut dire que la personnalité de Partiste est complètement absente de son œuvre, — qu'ik s'abstient de la Colorer de sa propre tonalité sentimentale, Non seulement il n’impose pas sés conceptions, mais il n’éssaye même pas de - les suggérer.
6,. Ce rapprochement entre deux noms et deux systèmes dramatiques aussi différents a de quoi surprendre. Mais nous savons déjà que, dans lesprit de Musset, Racine et Shakespeare s'étaient réconciliés. Il in-
depuis « lartiste » jusqu’à « une ‘| terprète romantiquement Raci.
Monte sur le théâtre, une lampe à la main!, . Et de sa plume d’or ouvre le cœur humain.
C’est pour vous qu’il y fouille, afin de vous redire
Ce qu'il aura senti, ce qu’il aura trouvé,
Surtout, en le trouvant, ce qu'il aura rêvé?.
L'action n’est pour lui qu’un moule à sa pensée.
Hamlet tuera Clodius, — Joad tuera Mathan 3%; —
Qu'importe le combat, si l'éclair de l’énée |
Peut nous servir dans l’ombre à voir les combattants ? Re Le premier sous les yeux vous étale un squelette. Songez, si vous voulez’, de quels muscles d’athlète, De quelle chair superbe, et de quels vêtements Pourraient être couverts de si beaux ossements6.
ne, dont il dira (Un mot sur l’art 2. Ceci ne s'applique pas du moderne, 1833): « Athalie était tout à Racine. Ù certainement, nv de Ra 3. Athalie est la seule pièce sur cine,;une œuvre Ce PUre ASE | jaquelle l'esprit de Musset pft nation, tres en dehors du sié- seliyrer au travaitded ne cle. » fl ne faisait sur cette tra- | 45, de la poétique MOT ES ARTE V0 : gédie aucune des réserves que | ont ces vers He entre ES. faisait Sainte-Beuve en son ar- | j97 : 6) RO «P: ticle sur Racine de 1829, au AE LA
temps de sa ferveur première 4. C'est-à-dire Calderon ou Mé-
pour le drame romantique. Et | rimée.— Chose curieuse, Saint- * pourtant, en ce même article, Evremond opposait Racine à parlant de la beauté froide et | Corneille en des termes qui, majestueuse qui n'appartient à toutes différences gardées, rap-
aucun siècle, il a dit aussi : bellent ceux où Musset oppose -
« Momie indescriptible, Racine Mérimée à Shakespeare ou à Ra- k et Alfieri l’ont embaumée de | cine. Racine paraissait, aux ado- puissants aromates.» Sa pensée-| rateurs de Corneille, exagérer
effervescente n’a pas encore a- | l’analyse des sentiments, faire chevé de s’élucider ; à vrai dire | œuvre d’observateur, de philo peu lui importe de quelle ma- | sophe, plutôt que de poète; né-:
nière s'accordent ses admira- | gliger les belles émotions et les tions : « Lorsqu'il rencontrait | sentiments admirables, qui font à dans Racine un sentiment éner- rêver à la grandeur dé lPâme. "2" gique et passionné, il s’écriait 5. Mais ce sera en vertu de #
que cela était beau comme Sha- | Loire volonté seule : l'artiste kespeare;-ets'iltrouvait dans le. |; 2e sur sous anti. poëteanglais une grande pensée RARE Re ug-.
revêtue d’une forme pure etir- 27
réprochable, il la comparait à Ja 6. Ici l’image ne convient plus à oésie de Racine.» (PAUL DE exactement à la pensée de Mus- > Iusser, Biographie d'A. de Mus- | set. Un art peut être puissant, Fa
set). somptueux, plein d’uné sève /
1. Le texte cité dans la lettre | opulente, et demeurer absoluà Mérimée porte : ment réaliste ét objectif. — Son : a 1 x arriére-pensée est évidemment Descend dans le Vésuve, une ns à que l’art de Mérimée est sec, — E Da main | mais il ne veut pas le dire. Me- F Vague souvenir d'Empédocle, rimée, malgré les précautions A dont l’image hantait Musset (et que Musset prit en lui commu- Sn beaucoup de ses contemporains; niquant ses vers (V: p.127, n.3), cf: ici p. 145,:n. 5). s aurait été assez fin pour sentir £