Les plébiscites, qui à partir de 449 ont force de loi
4. « Le peuple, qui aimait la gloire, composé de gens qui avaient passé leur vie a la guerre, ne pouvait refuser ses suffrages à un grand homme sous lequel il avait combattu. Il obtenait le droit d’élire des plébéiens, et il élisait des patriciens. Il fut obligé de se lier les mains, en établissant qu’il y aurait toujours un consul plébéien : aussi les familles plébéiennes qui entrèrent dans les charges, y furent-elles ensuite continuellement portées ; et quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme de néant
comme Varron et Marins, ce fut une espèce de victoire qu’il remporta sur lui-même. )) (M.).
Alors XcL p. 159 et n. 7) comment dire que les sénateurs étaient « détestés » par le peuple ? En fait, l’administration « supérieure », la guerre, les traités, les alliances, etc., tout cela resta entre les mains des sénateurs. Montesquieu note fort bien plus bas que « cette Jalousie est mêlée de respect » (p. 168).
5. « Les patriciens, pour se défendre, avaient eoutume de créer un dictateur ; ce qui leur réussissait admirablement bien. Mais les plébéiens, ayant obtenu de pouvoir être élus consuls, purent aussi être élus dictateurs, cé qui déconcerta les patriciens.
Voyez dans Tite-Live, L. VIII, comment Publilius Philo les abaissa dans sa dictature : il fit trois lois qui leur furent très préjudiciables. » (M.).
Ce Publilius Philo fut dictateur en 339 : la première de ses lois soumit les patriciens euxmêmes aux plébiscites (voir n.
3) ; la seconde obligea le Sénat à approuver les lois votées dans les comices par centuries; la troisième stipula qu’un des deux censeurs serait plébéien (Tite-Live, YIII, xii.)
MONTESQUIEU
prérogatives de quelque ordre ou de quelque magistrature que ce fût.
Dans la suite des temps, lorsque les plébéiens eurent tellement abaissé les patriciens que cette distinction de famille devint vaine ^ et que les unes et les autres furent indifféremment élevées aux honneurs, il y eut (ie nouvelles disputes entre le bas peuple, agité par ses tribuns, et les principales familles patriciennes ou plébéiennes, qu’on appela les nobles'^, et qui avaient pour elles le sénat qui en était composé. Mais, comme les mœurs anciennes n’étaient plus, que des particuliers avaient des richesses immenses, et qu’il est impossible que les richesses ne donnent du pouvoir les nobles résistèrent avec plus de force que les patriciens n’avaient fait : ce qui fut cause de la mort des Gracques et de plusieurs de ceux qui trayaillèrent sur leur plan
Il faut que je parle d’une magistrature qui contribua beaucoup à maintenir le gouvernement de Rome : ce fut celle des censeurs Ils faisaient le dénombrement du peuple ; et de plus, comme la force de la république consistait dans la discipline, l’austérité des mœurs et l’observation constante de certaines coutumes, ils corrigeaient les abus que la loi n’avait pas prévus, ou que le magistrat ordinaire ne pouvait pas punir Il y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes; et plus d’Etats ont péri parce qu’on a violé les mœurs que parce qu’on a violé les lois^.
1 . « Les patriciens ne conservèrent que quelques sacerdoces et le droit de créer un magistrat qu’on appelait entre-roi. » (M.)
Lorsque de nouveaux consuls noyaient pu €tre élus avant l’expiration du mandat de leurs prédécesseurs. Ventre-roi assurait Vintérim. Le « roi des sacrifices » et les trois grands flamines, prêtres de Jupiter, de Mars et de Quirinus, furent toujours des patriciens.