Comme Saturniuus et GHaucias » (M
Non, il né saurait y avoir de comparaison entre les deux Gracques, réformateurs généreux, politiques irréprochables, et Saturniuus etGlaucia, agitateurs de profession, qui furent tués dans une émeute vers l’an 100.
5. Cf. Esprit des Lois, V, xix, et Fustel de Coulanges, La Cité antique, p. 186 sq.
6. « On peut voir comme ils dégradèrent ceux qui, après la bataille de Cannes, avaient été d’avis d’abandonner l’Italie ; ceux qui s’étaient rendus à Annibal ; ceux qui, par une mauvaise interprétation, lui avaient manqué de parole.» (M.) (Tite-Live, XXIV,xviii.)
7. «Rome était un vaisseau tenu par deux ancres dans la tempête, la religion et les mœurs. »
{Esprit des Lois, VIII, xiii).
CONSIDÉRATIONS
A Rome, tout ce qui pouvait introduire des nouveautés dangereuses, changer le cœur ou l’esprit du citoyen, et en empêcher, si j’ose me servir de ce terme, la perpétuité, les désordres domestiques ou publics étaient réformés par les censeurs : ils pouvaient chasser du sénat qui ils voulaient, ôter à un chevalier le cheval qui lui était entretenu par le public h mettre un citoyen dans une autre tribu, et même parmi ceux qui payaient les charges de la ville sans avoir part à ses privilèges^.
M. Livius nota* le peuple même; et, de trente-cinq tribus, J1 en mit trente-quatre au rang de ceux qui n’avaient point de part aux privilèges de la ville « Car, disait-il, après m’avoir condamné, vous m’avez fait consul et censeur : il faut donc que vous ayez prévariqué^ une fois en m’infligeant une peine, ou deux fois, eiî me créant consul, et ensuite censeur 6. » ^
M. Duronius, tribun du peuple, fut chassé du sénat par les censeurs, parce quê^, pendant sa magistrature, il avait abrogé la loi qui bornait les dépenses des festins ^
1. La cavalerie est un corps d’élite ; le cavalier ou chevalier fournit lui-même sa monture et alors il touche une solde ; pu bien il reçoit son cheval de l’Etat; cette dernière catégorie est supérieure à l’autre ; aussi priver un chevalier du «cheval public »
et le forcer à servir sur un « cheval privé » est une peine infligée par le censeur pour cause d’indignité.
2. « Cela s’appelait aerarium aliquem facere aut in Caeritum tabulas referre. On était mis hors de sa centurie, et on n’avait plus le droit de suffrage. » (M.)
« Faire quelqu’un œr arias », c’est donc l’isoler au point de vue civil et politique. « Porter quelqu’un sur les tablettes de Géré », la formule deman de une explication ; Géré en Etrurie ayant rendu service aux Romains après leur défaite par les Gaulois, fut la première ville qui reçut le droit de cité sans suffrage, c.-à-d. les droits du citoyen romain moins les droits politiques.
Traiter un citoyen romain comme un citoyen de Géré était donc une dégradation.
3. Sens du verbe latin notare, « marquer d’une flétrissure ».
Voyez V Avertissement du Cid, (même collection, p. 17, n. 2).