‹ Morceaux choisisChapitre 144 sur 369 · Voyez Tite-Live. L. IX. » (M.) Ghap. XLYi · texte numérisé non relu

Voyez Tite-Live. L. IX. » (M.) Ghap. XLYi

CONSIDÉRATIONS

yeux tous les cinq ans sur la situation actuelle de la république, et distribuaient de manière Vie peuple dans ses diverses tribus, que les tribuns et les ambitieux ne pussent pas se rendre maîtres des suffrages, et que le peuple même ne pût pas abuser de son pouvoir.

Le gouvernement de Rome fut admirable en ce que, depuis sa naissance, sa constitution se trouva telle, soit par l’esprit du peuple, la force du sénat, ou l’autorité de certains magistrats, que tout abus du pouvoir y put toujours être corrigé.

Carthage périt, parce que, lorsqu’il fallut retrancher les abus, elle ne put souffrir la main de son Annibal même^. Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces qu’elle ne voulut pas en guérir. Et, parmi nous, les républiques d’Italie, qui se vantent de la perpétuité de leur gouverment, ne doivent se vanter que de la perpétuité de leurs abus : aussi n’ont-elles pas plus de libertés que Rome n’en eut du temps des décemvirs

Le gouvernement d’Angleterre est plus sage, parce qu’il y a un corps qui l’examine continuellement, et qui s’examine continuellement lui-même; et telles sont ses erreurs qu’elles ne sont jamais longues, et que, par l’esprit d’attention qu’elles donnent à la nation, elles sont souvent utiles^.

En un mot, un gouvernement libre, c’est-à-dire toujours agité, ne saurait se maintenir s’il n’est, par ses propres lois,

gleterre est un- des plus sages de l’Europe». Dès Verratum de 1734, la correction fut introduite, sans doute parce que le passage avait paru trop hardi. A la tin du siècle, on aurait pu ajouter quelques lignes sur les causes de la chute de la monarchie française, qui n’avait pas su ou n’avait pas voulu trouver le mo}^en de « corriger les abus du pouvoir ».

5. Belle pensée, et qui s’applique aux démocraties, agitées et libres. On voi-t que contrairement à Bossuet, Montesquieu ne pense pas que les divisions intérieures qui avaient toujours agité Rome aient été une cause de décadence. C’était l’opinion de Machiavel dans ses Discours politiques, etc. I, 4. Cf. plus bas pp. 169 sq.

capable de correction^.

1. Construction latine, de manière étant séparé de que par un certain nombre de mots. (Cf.

ita. .. ut.)

2. Carthage aurait sans doute poussé plus avant ses réformes, si les Romains lui en avaient laissé le moyen et le temps :

Annibal s’enfuit de Carthage parce qu’il se sentait menacé par les Romains qui ne pardonnaient pas.

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