‹ Morceaux choisisChapitre 15 sur 369 · Sur Polybe, cf. p. 144, n · texte numérisé non relu

Sur Polybe, cf. p. 144, n

peuple romain avait par-dessus les autres peuples ^ : ce qui paraît ridicule aux sages est nécessaire pour les sots ; et ce peuple, qui se met si facilement en colère, a besoin d’être arrêté par une puissance invisible^.

Les augures et les aruspices étaient proprement les grotesques du paganisme 3; mais on ne les trouvera point ridicules, si on fait réflexion qUe, dans une religion toute populaire comme celle-là, rien ne paraissait extravagant ; la crédulité du peuple réparait tout chez les Romains : plus une chose était contraire à la raison humaine, plus elle leur paraissait divine^. Une vérité simple ne les aurait pas vivement touchés: il leur fallait des sujets d’admiration, il leur fallait des signes de la divinité ; et ils ne les trouvaient que dans le merveilleux et le ridicule.

C’était, à la vérité, une chose très extravagante de faire dépendre le salut de la république de l’appétit sacré d’un poulet, et de la disposition des entrailles des victimes; mais ceux qui introduisirent ces cérémonies en connaissaient bien le fort et le faible, et ce ne fut que par de bonnes raisons qu’ils péchèrent contre la raison même^ Si ce culte avait été plus raisonnable, les gens d’esprit en auraient été la dupe aussi bien que le peuple, et par là on aurait perdu tout l’avantage qu’on en pouvait attendre : U

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