‹ Morceaux choisisChapitre 158 sur 369 · Tableau très juste dans l’ensemble et dans les détails · texte numérisé non relu

Tableau très juste dans l’ensemble et dans les détails

(Cf. G. Boissier, Cicéron et ses Amis, p. 393). Dans le Testament d’Auguste, trouvé à Ancyre, le prince déclare : «J’ai établi dans des colonies ou renvoyé dans leurs municipes un peu plus de

CONSIDÉRATIONS

Nous avons eu en France deux sortes de guerres civiles : les unes avaient j3our prétexte^ la religion, et elles ont duré parce que le motif subsistait après la victoire ; les autres n’avaient pas proprement de motif, mais étaient excitées par la légèreté ou l’ambition de quelques grands, et elles étaient d’abord étouffées^.

Auguste (c’est le nom que la flatterie donna à Octave) ^ établit l’ordre, c’est-à-dire une servitude durable; car dans un État libre où l’on vient d’usurper la souveraineté, on appelle règle tout ce qui peut fonder l’autorité sans borne d’un seul; et on nomme trouble, dissension, mauvais gouvernement, tout ce qui peut maintenir l’honnête liberté des sujets.

Tous les gens qui avaient eu des projets ambitieux avaient travaillé à mettre une espèce d’anarchie^ dans la république. Pompée, Grassus et César y réussirent à merveille. Ils établirent une impunité de tous les crimes publics ; tout ce qui pouvait arrêter la corruption des mœurs, tout ce qui pouvait faire une bonne police^ ils l’abolirent^; et, comme® les bons législateurs cherchent à rendre leurs concitoyens meilleurs, ceux-ci travaillaient à les rendre pires. Ils introduisirent donc la coutume de corrompre le peuple à prix d’argent, et, quand on était accusé de brigues on corrompait aussi les juges ; ils firent troubler les élections par toutes sortes de violences, et quand on était mis en justice, on intimidait encore les juges; l’autorité mêrne du peuple était anéantie : témoin Gabinius, qui, après avoir

300,000 soldats : à tous j’ai donné des terres ou de l’argent pour en acheter ».

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