Tandis que — tant que. Cf
7. Quelles que soient les critiques adressées à ce passage, il n’en reste pas moins un de ceux qui ont le plus nettement caractérisé le principat d’Auguste. Gouvernement ambigu, que Mommsen appelle une « dyarchie ».
Comparer Fustel de Coulan-
CONSIDÉRATIONS
On a mis en question si Auguste avait eu véritablemeni le dessein de se démettre de l’empire ^ Mais qui ne voit que, s’il l’eût voulu, il était impossible qu’il n’y eût réussi ? Ce qui fait voir que c’était un jeu, c’est qu’il demanda tous les dix ans qu’on le soulageât de ce poids, et qu’il le porta toujours. C’étaient de petites ünesses pour se faire encore donner ce qu’il ne croyait pas avoir assez acquis. Je me détermine par toute la vie d’Auguste ; et, quoique les hommes soient fort bizarres, cependant il arrive très rarement qu’ils renoncent dans un moment à ce à quoi ils ont réfléchi pendant toute leur vie. Toutes les actions d’Auguste, tous ses règlements, tendaient visiblement à l’établissement de la monarchie. Sylla se défait de la dictature ; mais dans toute la vie de Sylla, au milieu de ses violences, on voit un esprit républicain ; tous ses règlements, quoique tyranniquement exécutés, tendent toujours à une certaine forme de république. Sylla, homme emporté, mène violemment les Romains à la liberté ; Auguste, rusé tyran les conduit doucement à la servitude. Pendant que sous Sylla la république reprenait des forces, tout le monde criait à la tju'annie ; et penda^nt que sous Auguste la tyrannie se fortifiait, on ne parlait que de liberté
La coutume des triomphes, qui avait tant contribué à la grandeur de Rome, se perdit sous Auguste, ou plutôt cet honneur devint un privilège de la souveraineté^. La plupart des choses qui arrivèrent sous les empereurs avaient leur
GKs : Histoire des Institutions politiques de l’ancienne France,
I, La Gaule romaine, p. 71 sq.
On verra que Montesquieu a fort bien jugé ce régime, et on apprendra aussi à le mieux connaître;