‹ Morceaux choisisChapitre 161 sur 369 · Cf. la scène fameuse du Cinna de Corneille (II, 1, v · texte numérisé non relu

Cf. la scène fameuse du Cinna de Corneille (II, 1, v

ion Cassius, au début du L. LU, rapporte toute une longue délibération sur ce sujet entre le prince, Mécène et Agrippa (29 av. J.-C). Etait-il impossible de rétablir la république ?

Oui, quoi qu’en pense Montesuiem Le plus grand nombre es hommes politiques avisés comprenait très bien la fatalité du pouvoir unique, absolu. Tacite l’a souvent répété : « Il était nécessaire à la paix que l’autorité fût entre les mains

d’un seul. » {Histoires, I, 1) etc.

Montesquieu, lui, est de l’avis de Dion Cassius.

2. « J’emploie ici ce mot dans le sens des G-recs et des Romains, qui donnaient ce nom à tous ceux qui avaient renversé la démocratie. » (M.).

3. Toujours même goût pour la phrase antithétique et piquante. On trouvera dans nos notes sur le Dialogue de Sylla et d’Eacrate, de quoi commenter ce passage où Montesquieu est partial en faveur de Sylla.

4. « On ne donna plus aux particuliers que les ornements triomphaux.

Dion, in Aug. » (M.). Sur Auguste, LIV, XXTX.

Dans le premier chapitre, Montesquieu a dit que les triomphes avaient été la « principale cause des grandeurs » où Rome parvint, Cf. plus bas, p. 182, n. 2.

MONTESQUIEU

origine dans la république^ et il faut les rapprocher. Celuilà seul avait le droit de demander le triomjihe, sous les auspices duquel la guerre s’élait faite^ ; or, elle se faisait toujours sous les àuspices du chef, et par conséquent de l’empereur, qui était le chef de toutes les armées.

Comme, du temps de la république, on eut pour principe de faire continuellement la guerre, sous les empereurs la maxime fut d’entretenir la paix^ : les victoires ne furent regardées que comme des sujets d’inquiétude, avec des armées qui pouvaient mettre leurs services à trop haut prix.

Ceux qui eurent quelque commandement craignirent d’entreprendre de trop grandes choses : il fallut modérer sa gloire de façon qu’elle ne réveillât que l’attention, et non pas la jalousie du prince ; et ne point paraître devant lui avec un éclat que ses yeux ne pouvaient souffrir^.

Auguste fut fort retenu à accorder le droit de bourgeoisie romaine^; il fit des lois® pour empêcher qu’on affranchît trop d’esclaves ^ ; il recommanda par son testament que

1. (( Les Romains ayant changé de gouvernement sans avoir été envahis, les mêmes coutumes restèrent après le changement du gouvernement, dont la forme même resta à peu près. » (M.).

2. « Dion, in Aug. (= Sur Augusle)^ L. LIV, dit qu’ Agrippa négligea par modestie de rendre compte au sénat de son expédition contre les peuples du Bosphore et refusa même le triomphe ; et que, depuis lui, personne de ses pareils ne triompha : mais c’était une grâce qu 'Auguste voulait faire à Agrippa, et qu’ Antoine ne fit point à Ventîdius la première fois qu’il vainquit les Parthes*. » (M.).

Les auspices {aiispicia ou aiiguria) sont les présages tirés du vol des oiseaux (espèce des oiseaux observés, direction du vol, etc.). Vimperator on général en chef a seul le droit de les prendre avant la guerr^e ; or Ventidius n’est qu’un légat, qui remporte la victoire au bénéfice de son imper ator Antoine ; donc c’est Antoine qui triomphe. Les grands généraux d’Auguste ne seront de même que ses légats.

3. Tour latin : « comme... (de même) », marquant l’opposition = Si d’un côté la république fit ceci, d’un autre les empereurs firent cela.

4. Dans sa Vie d^Agricola (xl et sq.) Tacite nous montre Agricola, son beau-père, revenant à Rome après ses victoires en Bretagne, rappelé par l’empereur Domitien ; le vainqueur est obligé de se dissimuler car «il est précipité dans les périls de la gloire». Domitien prend ombrage d’Agricola, comme Tibère avait pris ombrage de Germanicus, Néron de Corbulon, etc.

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