Denys d’Halicarnasse, L. IV
(M,), chap. X XVIII.
C’est en effet jusqu’à : « Le peuple fut presque composé...», un passage de Denys que traduit Montesquieu. Notez que l’affranchi n’est pas citoyen romain, il n’est q\ie liber ; son fils n’est que libertinus (fils d’aflVanchi) ; son petit-fils, lui, devient citoyen. Dès lors, l’affranchi reste sous la dépendance de son maître, et c’esl ce qui explique ce qui suit.
6. 320,000 citoyens pauvres, au temps de César, étaient nourris par la préfecture des vivres ou annone.
7. On a essayé d’établir une différence entre désirer de (= un
MONTESQUIEU
suivissent avec un chapeau de fleurs ^ Le peuple fut presque composé d’affranchis 2 ; de façon que ces maîtres du monde, non seulement dans les commencements, mais dans tous les temps, furent la plupart d’origine servile.
Le nombre du petit peuple, presque tout composé d’affranchis ou de fils d’affranchis, devenant incommode, on en fit des colonies, par le moyen desquelles on s’assura de la fidélité des provinces. C’étaiPune circulation des hommes de tout l’univers. Rome les recevait esclaves, et les renvoyait Romains.
Sous prétexte de quelques tumultes arrivés dans les élections, Auguste mit dans la Ville un gouverneur et une garnison 3; il rendit les corps des légions éternels^, les plaça sur les frontières, et établit des fonds particuliers pour les payer ; enfin il ordonna que les vétérans recevraient leur récompense en argent, et non pas en terres ^
Il Tésuliait plusieurs mauvais effets de cette distribution des terres que l’on faisait depuis Sylla. La propriété des biens des citoyens était rendue incertaine. Si on ne menait pas dans un même lieu les soldats d’une cohorte, ils se dégoûtaient de leur établissement laissaient les terres incultes, et devenaient de dangereux citoyens* : mais, si on
désir dont l’accompl issement est lointain ou incertain) et désirer {= un désir dont l’acconipiissement est prochain et facile). L’usage ne fait aucune différence entre ces deux tournures.
1. Couronne de fleurs : «Notre bergère se prosterna devant l’image de la déesse, puis lui mit au bras un chapeau de fleurs. »
(La Fontaine, Psyché^ IL)