Voyez Tacite, Annales, L. Xin
Late fusum id corpus, etc. » (M.), chap. XXVII : « Si ou supprimait les fils d’affranchis, il y aurait manifestement pénurie d’hommes libres. »
3. Le préfet de la ville et les cohortes urbaines. Auguste organisa aussi les cohortes du guet. Ajoutez les cohortes prémriennes, campées aux portes de la ville, dans le pomœrium^
^ espace consacré en dedans et en dehors de l’enceinte, et où il n’était permis ni de bâtir ni de cultiver.
4. (I Eternels », dont on ne peut prévoir la lin, qui doit du-
rer longtemps. Ici : « permanents ». Hugo a créé le comparatif ; « plus éternels ». Odes et Ballades, Odes, IV, 6. « Le Génie ».
5. « Il régla que les soldats prétoriens auraient 5000 drachmes, 2000 après 16 ans de service, et les autres 3000 drachmes après 20 ans. Dion, In Au g. » (M.). Sur Auguste, LV, xxiir.
Sur la drachme, voir p. 174, n. 1. ,
6. Etablissement a ici le sens qu’il a dans ce passage : « C’est un hymen qui fait votre établissement », dit Bélise à Trissotin (Les Femmes savantes, Acte III, sc. IV, V. 1Ü79, p. 101, même collection) ; nous disons aujourd’hui : votre « situation ». Plus bas, au contraire, il signifie :
« installations permanentes ».
Faire son établissement = prendre ses dispositions pour se fixer dans une résidence.
7. a Voyez Tacite, Annales, L. XIV, sur les soldats menés à Tarente St à Antium. » (M.), chap. xxvii.
Ces vétérans, envoyés là par
CONSIDÉRATIONS
les distribuait par légions, les ambitieux pouvaient trouver contre la république des armées dans un moment.
Auguste fît des établissements fixes pour la marine*. Comme avant lui les Romains n’avaient point eu des corps perpétuels de troupes de terre, ils n’en avaient point non plus de troupes de mer. Les flottes d’Auguste eurent pour objet principal la sûreté des convois, et la communication des diverses parties de l’empire ; car d’ailleurs les Romains étaient les maîtres de toute la Méditerranée : on ne naviguait^ dans ces temps-là que dans cette mer, et ils n’avaient aucun ennemi à craindre.
Dion remarque très bien^ que, depuis les empereurs, il fut ]3lus difïicile d’écrire l’histoire : tout devint secret ; toutes les dépêches des provinces furent portées dans le cabinet des empereurs ; on ne sut plus que ce que la folie et la hardiesse des tyrans ne voulut point cacher, ou ce que les historiens conjecturèrent.
[Le groupe des chapitres xiv, xv et xvi, nous fait suivre, chez le peuple Romain accouturné à l’empire par Auguste, les progrès du despotisme avec Tibère, de la tyrannie avec Caligula, de l’anarchie militaire avec les successeurs de Marc-Aurèle.
les ordres de Néron, se regardent comme relégués dans ces villes qu’ils n’ont pas choisies, et ils regagnent les uns après les autres la province où ils ont terminé leur service. Tacite regrette le temps où on transportait des légions entières, avec leurs tribuns et leurs centuries et leur organisation complète, de façon que la camaraderie en fît de véritables concitoyens ; avec le système actuel, dit Tacite, alors qu’on réunit des soldats de divers corps, étrangers les uns aux autres, « c’est une agglomération qu’on fonde plutôt qu’une colonie. »
César avait employé le premier procédé et avait établi des léions entières à Narbonne, Age, Béziers, Nîmes, etc. Tacite était pour le système de César, Montesquieu lui répond dans ce passage.
1. Il y eut des stations navales à Ravennes, à Fréjus, à Boulogne ; enfin des flottilles protégeaient le Pont-Euxin, la Syrie, le Danube, le Rhin.
2. Montesquieu écrit : « navigeait ». « Tous les gens de mer disent naviguer, déclare Vaugelas, mais à la cour on dit navU ger, et tous les bons auteurs l’écrivent ainsi. » {Remarques, éd. Chassang, I, p. 144.) Remarque approuvée par l’Académie en 1704.
3. Dion Cassius (LUI, xix) en arrive à dire : « Il n’est rien, pour ainsi dire, qui ne se soit publié autrement qu’il ne s’est passé. » Auguste commence par défendre de publier les procès verbaux (les Actes) du Sénat.
♦ Etudier le régime politique, appelé le principal, d’après Montesquieu, Michelet [Histoire Romaine), et Fustel de Coulanges [Histoire des Institutions politique de V ancienne France). Qu’a ajouté la science moderne à la.
science de Montesquieu ? Vous terminerez en comparant l’art de l’historien philosophe, de l’historien romantique, de l’historien positiviste.
MONTESQUIEU
La « loi de majesté » devient, entre les mains de Tibère, l’instrument de Ha plus cruelle tyrannie ; les sénateurs se font les esclaves dociles du despote, parce qu’ils ont les exemples de l’abaissement du sénat devant César et parce que, pauvres, ils ont besoin de la faveur impériale. Une inconséquence de Tibère était de désirer un sénat à la fois libre et avili. Revêtus de la puissance des tribuns, sacrés et inviolables, les empereurs étendent indéfiniment le crime de lèsemajesté, sans qu’on puisse dire cependant que les motifs d’accusation fussent ridicules. La mort de Germanicus, si sincèrement et si universellement pleurée, est une preuve que le peuple mettait désormais toute sa félicité dans la différence de ses maîtres. (Chap. xiv : Tibère),
A Tibère succède Caligula, le meilleur des esclaves, le plus méchant des maîtres. Ses débuts sont pourtant heureux, mais ils sont suivis d’une tyrannie épouvantable, dont la cause doit être cherchée dans l’esprit général des Romains, dont les moeurs étaient restées féroces. La plèbe ne haïssait pas les mauvais empereurs, lesquels lui accordaient toutes les satisfactions. Caliguîh était un vrai sophiste dans sa cruauté ; on est confondu de voir à quel point d’abjection était tombé le sénat, après de si longs siècles de gloire. A la mort de Caligula, une poignée de soldats suffit pour faire de Claude un empereur ; celui-ci achève d’avilir le sénat, les chevaliers, le peuple. Les empereurs eux-mêmes sont 41’ailleurs à la merci des soldats, et la puissance civile est à la disposition de la puissance militaire. Chaque armée veut faire un empereur, méprise le sénat, exige des distributions d’argent. Après Vespasien, Titus, Domitien, Néron, Trajan règne et se montre un prince accompli ; c’est lui qui, malgré les difficultés, parvient à remporter le succès sur les Parthes. Adrien abandonne les conquêtes de Trajan, et borne l’Empire à FEuphrate. (Chap. xv : Des empereurs^ depuis Caïus Caligula jusqu’à Anionin).
Rome a dû au stoïcisme ses meilleurs empereurs : Marc-Aurèle est un prince admirable. Mais son fils Commode est un monstre, et les abus militaires reparaissent. Les soldats, après avoir massacré Pertinax successeur de Commode, mettent l’empire aux enchères. Sévère est un tyran qui proscrit les citoyens en masse. Dans cette suite de guerres civiles, les légions d’Europe battent toujours celles d’Asie. Quand on fait des levées dans les provinces, les empereurs pris dans la milice sont des étrangers qui introduisent à Rome les religions les plus diverses ; la religion chrétienne aurait rencontré moins d’obstacles si elle avait fait comme les autres. Caracalla, le destructeur des hommes, augmente la paye des soldats, et il est divinisé après sa mort. Adrien rétablit la discipline militaire, mais Sévère la relâche : c’est de nouveau l’anarchie militaire. L’invasion des Barbares commence ; et, pourtant, malgré les désordres affreux dont profitent les Barbares qui pénètrent partout, un concours heureux de circonstances rétablit l’Empire prés de périr. (Chap. XVI : De Vétat de l'Empire, depuis Antonin jusqu’à Probus.)
Le groupe xvii et xviii résume alors les changements qui se sont accomplis dans l’État, dans la politique intérieure et extérieure de Rome.]