Notamment, celles qui avaient lieu pour les triomphes
D'accident = accidentelles ^ occasionnelles.
4. Fustel de Coulanges indique d’une façon plus précise et plus détaillée, le régime auquel étaient soumises ces armées auxiliaires, dont Rome s’était d’ailleurs constamment servi.
(Histoire des Institutions politiques de V ancienne France.^ T. I, chap. VI, L’Invasion germanique). Montesquieu ne dit pas qu’il était matériellement im-
Eossible de ne pas enrôler des arbares, et que ceux-ci rendirent auxRomainslés plusgrands
CONSIDÉRATIONS
Les premiers Romains ne mettaient point dans leurs armées un plus grand nombre de troupes auxiliaires que de romaines^; et, quoique leurs alliés fussent proprement des sujets, ils ne voulaient point avoir pour sujets des peuples plus belliqueux qu’eux-mêmes.
Mais dans les derniers temps, non seulement ils n’observèrent pas cette proportion des troupes auxiliaires, mais même ils remplirent de soldats barbares les corps de troupes nationales.
Ainsi, ils établissaient des usages tout contraires à ceux qui les avaient rendus maîtres de tout; et, comme autrefois leur politique constante fut de se réserver l’art militaire, et d’en priver tous leurs voisins, ils le détruisaient pour lors chez eux, et l’établissaient chez les autres.
Voici, en un mot, l’histoire des Romains : ils vainquirent tous les peuples par leurs maximes ; mais, lorsqu’ils y furent parvenus, leur république ne put subsister ; il fallut changer de gouvernement, et des maximes contraires aux premières, employées dans ce gouvernement nouveau, firent tomber leur grandeur.
Ce n’est pas la fortune ^ qui domine le monde ; on peut le demander aux Romains, qui eurent une suite continuelle de prospérités quand ils se gouvernèrent sur un certain plan, et une suite non interrompue de revers lorsqu’ils se conduisirent sur un autres II y a des causes générales, soit
services. Sans les Francs, les W isigoths et les Burgondes, Aétius n’aurait pas arrête Attila (451).
1 . « C’est une observation de V égèce ; et il paraît, par Tite-Live, que, si le nombre des auxiliaires excéda quelquefois, ce fut de bien peu. » (M.).
Végèce, écrivain latin de la deuxième moitié du 4e siècle, composa un ouvrage dédié à Valentinien II, vraie compilation, très précieuse par l’abondance des détails : Abrégé de VAvt militaire.
11 est cependant démontré que les alliés fournissaient d’abord toute la marine, et, sur terre, la moitié de l’infanterie ; pour la cavalerie, les contingents alliés étaient deux fois plus nombreux que les contingents romains. Au moment du danger, toutes les franchises étaient supprimées, et les alliés four-
nissaient des troupes plus nombreuses encore.
2. Qu’il y ait là une réponse au traité de Plutarque : üur la Fortune du Peuple romain., c’est possible. Ce qui est certain, c’est que Montesquieu avait devant lui le texte du Discours sur l'Histoire universelle de Bossuet : « Encore qu’à ne regarder que les rencontres particulières, la fortune semble seule décider de l’établjssement et de la ruine des empires; à tout prendre, il en arrive comme dans le jeu, où le plus habile l’emporte à la longue. » (3^* Partie, Les Empires, Ghap. II.)
Le déterminisme de Montesquieu est bien plus absolu. Ce paragraphe est la partie maîtresse du livre; il en contient la clé.