Histoire de Nicéphore. » (M
(( lu Esprit des Lois est plein de ces contes, qui n’ont assurément aucun rapport aux lois. H est vrai que dans la misérable Histoire byzantine, monument de la décadence de l’esprit humain, de la superstition la plus sotte, et des crimes de toute espèce, on trouve ce récit, T. III, p. 576, traduction de Cousin... Qu’a de commun l’inepte cruauté de Basile avec V Esprit des Lois ? »
(Voltaire, Commentaire, XXXII.)
La réponse est vraiment trop facile ! Voltaire dans son Prix de la Justice fait plus d’un « conte » de ce genre, notamment l’histoire d’une jeune fille de 18 ans, pendue pour avoir volé 18 serviettes à une maîtresse qui ne lui payait point ses gages.
4. « En Allemagne et eu France on fait expirer sur la roue, sans distinction, ceux qui ont commis des vols sur les grands chemins, et ceux qui ont joint le meurtre à la rapine. Comment
MONTES(^UIEÜ
A la Chine', les voleurs cruels sont coupés en morceaux^, les autres, non : cette différence fait que l’on y vole, mais que l’on n’y assassine pas. En Moscovie, où. la peine des voleurs et celle des assassins sont les mêmes, on assassine^ toujours. Les morts, y dit-on, ne racontent rien.
Quand il n’y a point de différence dans la peine, il faut en mettre dans l’espérance de la grâce. En Angleterre, on n’assassine point, parce que les voleurs peuvent espérer d’être transportés dans les colonies ; non pas les assassins.
C’est un grand ressort des gouvernements modérés que les lettres de grâce. Ce pouvoir que le prince a de pardonner, exécuté avec sagesse, peut avoir d’admirables effets. Le principe du gouvernement despotique, qui ne pardonne pas et à qui on ne pardonne jamais, le prive de ces avantages^.
CuAPiTaE XVII.
De la torture ou question contre les criminels.
Parce que les hommes sont méchants, la loi est obligée de les supposer meilleurs qu’ils ne sont. Ainsi la déposition de deux témoins suffit dans la punition de tous les crimes. La loi les croit, comme s’ils parlaient par la bouche de la vérité. L’on juge aussi que tout enfant conçu pendant le mariage est légitime : la loi a confiance en la mère, comme si elle était la pudicité même. Mais la question contre les criminels n’est pas dans un cas forcé comme ceux-ci. Nous
n’a-t-on pas vu que c’était avertir ces brigands d’être assassins, afin d’exterminer les objets et les témoins de leur crime ? (( (Voltaire, de la Justice, art. 2.)
On répondait jadis que celui qui volait sur le grand chemin était bien résolu à tuer si on lui résistait. De nos jours le vol sur un grand chemin est condamné aux travaux forcés à perpétuité (art. 443).