Cf. p. 224, et notes ; rapprocher ce qui suit plus bas
/W(/. 20. Scènes de mœurs uiiglaises.
Aiilre }^rMVure de William Hoj^ai lli : scèiu* de la rue.
DE l’esprit des LOIS
U y avait un grand vice dans la plupart des anciennes républiques: c’est que le peuple avait droit d’y prendre des résolutions actives, et qui demandent quelque exécution; chose dont il est entièrement incapable Il ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants ; ce qui est très à sa portée. Car, s’il y a peu de gens qui connaissent le degré précis de la capacité des hommes, chacun est pourtant capable de savoir en général si celui qu’il choisit est plus éclairé que la plupart des autres.
Le corps représentant ne doit pas être choisi non plus pour prendre quelque résolution active, chose qu’il ne ferait pas bien, mais pour faire des lois, ou pour voir si l’on a bien exécuté celles qu’il a faites, chose qu’il peut très bien faire, et qu’il n’y a même que lui qui puisse bien faire.
Il y a toujours dans un Etat des gens distingués par la naissance, les richesses ou les honneurs ; mais s’ils étaient confondus parmi le peuple, et s’ils n’y avaient qu’une voix comme les autres, la liberté commune serait leur esclavage, et ils n’auraient aucun intérêt à la défendre, parce que la plupart des résolutions seraient contre eux. La part qu’ils ont à la législation doit donc être proportionnée aux autres avantages qu’ils ont dans l’Etat : ce qui arrivera s’ils forment un corps qui ait droit d’arrêter les entreprises du peuple, comme le peuple a droit d’arrêter les leurs
geois de chaque ville (députés des villes et bourgs), mais les comtés qui forment l’énorme majorité des électeurs n’élisent que 74 doutés sur 558 (2 par comté), l’Ecosse n’en a que 45, tout le reste est élu par les bourgs : la disproportion est frappante. Les bourgs, qui élisent 2 députés chacun, sont entre les mains des grands seigneurs qui choisissent les députés et les imposent à leurs « clients » : la majorité de la Chambre des Communes est donc entre les mains des seigneurs, propriétaires des bourgs.
Î1 y a même des « bourgs pourris », c.-à-d. qui élisent 2 députés quoiqu’ils n’aient plus d’habitants.
Ajoutez que l’opinion publiue n’existe pas, qu’il n’y a pas e réunions publiques (le premier meeting a lieu en août 1769), qu’il n’y a pas de quotidiens po-
litiques, que les séances du Parlement sont secrètes et qu’on poursuit ceux qui essaient de rendre compte de ces séances.
Au 18* siècle, jusqu'en 1769 date de la fondation de la Société des Défenseurs de la déclaration des droits^ le peuple ne manifeste
ue deux fois : pour empêcher
e mettre un impôt sur l’eau-devie de genièvre (1733), pour empêcher le Parlement de donner la liberté aux'^Juifs (1752).