La résistance à la douleur tient à bien d’autres causes
Tout le monde connaît l’exemple du soldat qui ne s’aperçoit de sa blessure qu’après la bataille. Le climat n’a pas ici grande importance *, tous les médecins militaires de l’Algérie font mention de l’extraordinaire résistance des Arabes à la douleur ; on peut leur faire, sans les endormir, les opérations les plus compliquées ; un « Mosco- .vite » serait beaucoup moins
insensible!
2. « Il faudrait chercher dans cette insensibilité la raison des divers supplices que nous voyons en usage chez les différentes nations, si l’histoire ne nous enseignait que cette diver-
sité de supplices dépend plutôt de la nature des gouvernements que de celle des climats, et si la physique ne nous présentait le tableau des efïets étonnants que peuvent produire sur l’homme la façon de vivre et la coutume. »
(Ed. anonyme de 1764.)
3. « M. Bernier, faisant un voyage de Lahor à Cachemire, écrivait : « Mou corps est un crible : à peine ai-je avalé une pinte d’eau, que je la vois sortir comme une rosée de tous mes membres, jusqu’au bout des doigts. J’en* bois dix pintes par jour, et cela ne me fait point de mal ». ( Voyage de Bernier, T. Il, p. 2.61.) (M.).
Bernier François, grand voyageur (Angers 1625 — Paris 1688), ami de La Fontaine, de Molière, de Boileau, etc.