‹ Morceaux choisisChapitre 289 sur 369 · Cf. p. 267, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 267, n

MONTESQUIEU

et des injures, et elles auraient même ce bon effet qu’elles tendraient tous les ressorts du gouvernement et rendraient tous les citoyens attentifs Mais, si elles naissaient à l’occasion du renversement des lois fondamentales, elles seraient sourdes, funestes, atroces, et produiraient des catastrophes.

Bientôt on verrait un calme* affreux, pendant lequel tout se réunirait contre la puissance violatrice des lois 2.

Si, dans le cas où les inquiétudes n’ont pas d’objet certain, quelque puissance étrangère menaçait l’Etat, et le mettait en danger de sa fortune ou de sa gloire, pour lors, les petits intérêts cédant aux plus grands, tout se réunirait en faveur de la puissance exécutrice

Que si les disputes étaient formées à l’occasion de la violation des lois fqndamentales, et qu’une puissance étrangère parût, il y aurait une révolution qui ne changerait pas la forme du gouvernement ni sa constitution, car les révolutions que forme la liberté ne sont qu’une confirmation de la liberté^.

Une nation libre peut avoir un libérateur ; une nation subjuguée ne peut avoir qu’un autre oppresseur.

Car tout homme qui a assez de force pour chasser celui qui est déjà le maître absolu dans un Etat, en a assez pour le devenir lui-même.

Gomme, pour jouir de la liberté, il faut que chacun puisse dire ce qu’il pense ; et que, pour la conserver, il faut encore que chacun puisse dire ce qu’il pense; un citoyen, dans cet Etat, dirait et écrirait tout ce que les lois ne lui ont pas défendu expressément de dire ou d’écrire^.

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