Il y a là plus d’un « thème
du Télémaque ; celui-ci en particulier revient plus d’une fois dans le roman de Fénelon.
3. Etat z=z position sociale. La pauvreté d’état = la pauvreté qui vient de la situation sociale : « La cause la plus immédiate de la ruine. . . des personnes. . . de la robe et de l’epée, est que Vélat seul, non le Lien, règle la dépense ». (La Bruyère, Les CaractèreSj YI, maxime 81.)
Notez l’alliance : pauvreté de luxe = pauvreté qui vient non de la situation sociale, mais du désir de briller par son luxe.
On songe ici à La Bruyère.
Le « thème » sera souvent repris au 18« siècle, et les philosopneS' dénoncerontl’injusticé d’une société « où ce qu’il faut pour le bonheur physique d’un seigneur suffirait souvent pour faire celui de tout un village >h(DuCLOS, Les Considérations sur les Mœurs chap. XV.)
4. Curieux = qui a cure de, souci de, soin de (sens latin de curiosus). « Les premiers temps étaient curieux d’ériger et de conserver de tels monuments ».
(Bossuet, Discours sur l’Histoire universelle, II, 3.)
ARSACE ET ISMÉNIB
cun qui composent le malheur général. Je m’instruis de tous ces malheurs, qui tous ensemble pourraient former le mien.
« C’est dans ces chaumières que je vois ces objets tristes qui font toujours les délices de ceux qui peuvent les faire changer^ et qui me font connaître que je puis devenir un plus grand prince que je ne le suis. J’y vois la joie succéder aux larmes, au lieu que dans mon palais je ne puis guère voir que les larmes succéder à la joie^. »
On lui dit un jour que, dans quelques réjouissances publiques, des farceurs 3 avaient chanté ses louaqges.
« Savez-vous bien, dit-il, pourquoi je permets à ces gens-là de me louer? C’est aün de me faire mépriser la ilalterie, et de la rendre vile à tous les gens de bien. J’ai un si grand pouvoir, qu’il sera toujours naturel de chercher à me plaire. J’espère bien que les dieux ne permettront point que la flatterie me plaise jamais. Pour vous, mes amis, dites-moi la vérité; c’est la seule chose du monde que je désire, parce que c’est la seule chose du monde qui puisse me manquer »
Ce qui avait troublé la fin du règne d’Artamène^, c’est que dans sa jeunesse il avait conquis quelques petits peuples voisins, situés entre la Médie et la Bactriane. Ils étaient ses alliés ; il voulut les avoir i^our sujets, il les eut pour ennemis; et, comme ils habitaient les montagnes, ils ne furent jamais bien assujettis ; au contraire, les Mèdes se servaient d’eux pour troubler le royaume : de sorte que le conquérant avait beaucoup affaibli le monarque et que, lorsqu’Arsace monta sur le trône, ces peuples étaient encore peu affectionnés^. Bientôt les Mèdes les firent révolter. Arsace vola, et les soumit. 11 fit assembler la nation, et parla ainsi :
« Je sais que vous souffrez impatiemment la domination des Bactriens : je n’en suis point surpris. Vous aimez vos anciens rois, qui vous ont comblés de bienfaits. C’est à moi à faire en sorte, par ma modération et par ma justice, que
1. Un peu de recherche dans l’expression, mais l'idée est nette.
2. Toujours la forme antithétique, « pointue » pour ainsi dire.
3. Farceur, farceuse = comédien^ comédienne qui ne joue que dans les j'arccs.