UBsprit des Lois
4. La France, l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne, où Cerati avait été en relations avec les hommes les plus distingués.
5. Montesquieu l’avait connu à Florence. Parent du pape C'orsini (Clément Xll), il avait long-
temps vécu à Rome, puis s’était retiré pour s’occuper de lettres, de philosophie, d’économie politique. C’était aussi un grand voyageur. Quand on lui défendit plus tard de rentrer en Toscane, Montesquieu s’écria : « 11 faut que mon ami ait dit quelque grande vérité! »
6. Savant italien, d’unefamille noble de Cortone ; pendant son séjour en France comme vicaire général de l’abbaye de Clérac, il avait été agrégé à l’Académie de Bordeaux, et avait écrit des dissertations, des poésies, etc.
Il avait quitté la France pour la prévôté de Livourne. Son frère est le chevalier Venuti, un des fondateurs de l’Académie étrusque de Cortone ; le chevalier a publié 7 vol. in-4° de mémoires sur l’antiquité ; il a donné la première relation de la découverte d’Hcrculanum.
CORRESPONDANCE
l’abbé de Giiascob cjui me tient fidèle compagnie à La Brède, Il me charge de vous faire bien des compliments. Il faut avouer que Tltalie est une belle chose, car tout le monde veut l’avoir^. Voilà cinq armées qui vont se la disputer. Pour notre Guienne, ce ne sont que des armées de gens d’affaires qui en veulent faire la conquête, et ils la font plus sûrement que le comte de Gages. Je crois qu’à présent, il se fait bien des réflexions sous la grande perruque du marquis d’Orméa^. Je n’irai à Paris d’un an tout au plus tôt. Je n’ai pas un sou pour aller dans cette ville, qui dévore les provinces, et que l’on prétend donner des plaisirs, parce qu’elle fait oublier la vie. Depuis deux ans que je suis ici, j’ai continuellement travaillé à la chose^ dont vous me parlez ; mais ma vie avance, et l’ouvrage recule à cause de son immensité : vous pouvez être bien sûr que vous en aurez d’abord des nouvelles. On m’avertit que mon papier finit Je vous embrasse mille fois.
. De Bordeaux, le 16 juin 1745.
Au Marquis de Stainville®,
Ministre plénipotentiaire de l’Empereur d’Allemagne à Paris.
Les bontés dont Votre Excellence m’a toujours honoré font que je prends la liberté de m’ouvrir à elle sur une chose qui m’intéresse beaucoup. Je viens d’apprendre que les
1. L’ami intime de Montesquieu. Guasco (Pignerol 1712 — Vérone 1783) a laissé des ouvrages d’histoire et d’archéologie. 11 se fixe à Paris dès 1738, et il est reçu à l’Académie des Inscriptions en qualité de membre honoraire é tranger. Guasco c tai t abbé de Tournai en Flandre.
2. Nous sommes dans la deuxième période de la guerre de la succession d’Autriche (1743-1 748), et la guerre a lieu en Italie entre la coalition des Sardes et deS' autrichiens, et la coalition franco-espagnole.
3. Le comte de Gages commandait les forces franco-csx)agnoles.
— Orméa, premier ministre du roi de Sardaigne, duc de Savoie.
— Guasco, revenu à Turin en 1842 pour un an, n’avait jamais pu obtenir une audience de d’Orméa, ennemi de sa famille.