‹ Morceaux choisisChapitre 51 sur 369 · On pensa = on faillit · texte numérisé non relu

On pensa = on faillit

9. Abbas le Grand (1587-1628), prince cruel jusqu’à assassiner son fils, mais qui à l’extérieur agrandit considérablement la Perse et à l’intérieur régénéra la nation ; Ispahan lui doit sa prospérité.

LETTRES PERSANES

Les persécutions que nos mahométans zélés ont faites aux Gucbres les ont obligés de passer en foule dans les Indes, et ont privé la Perse de cette laborieuse nation, si appliquée au labourage, et qui seule, par son travail, était en état de vaincre la stérilité de nos terres L

Il ne restait à la dévotion qu’un second coup à faire : c’était de ruiner l’industrie; moyennant quoi, l’Empire tombait de lui-même, et avec lui, par une suite nécessaire, cette même religion qu’on voulait rendre si florissante.

S’il faut raisonner sans prévention, je ne sais, Mirza, s’il n'est pas bon que dans un Etat il y ait plusieurs religions^#

On remarque que ceux qui vivent dans des religions tolérées se rendent ordinairement plus utiles à leur patrie que ceux qui vivent dans la religion dominante, parce que, éloignés des honneurs, ne pouvant se distinguer que par leur opulence et leurs richesses, ils sont portés à en acquérir par leur travail, et à embrasser les emplois de la société les plus pénibles^.

D’ailleurs, comme toutes les religions contiennent des préceptes utiles à la société il est bon qu’elles soient observées avec zèle. Or qu’y a-?t-il de plus capable d’animer ce zèle que leur multiplicité ?

Ce sont des rivales qui ne se pardonnent rien. La jalousie descend jusqu’aux particuliers : chacun se tient sur ses gardes, et craint de faire des choses qui déshonoreraient son parti, et l’exposeraient aux mépris et aux censures impardonnables du parti contraire.

Aussi a-t-on toujours remarqué qu’une secte nouvelle, introduite dans un Etat, était le moyen le plus sûr pour corriger tous les abus de l’ancienne ^

1. Nouvel exemple historique des malheurs causés par Tintolérance.

Les Guèbres' (Ghebr — infidèle) sont les sectateurs de Zoroastre et adorent le feu. On les appelle Par sis parce qu’ils se sont ré-

Ï)andus en grand nombre dans eFarsistan. Doux, bienfaisants, laborieux, ils furent obligés d’émigrer de la Perse, Il la suite des persécutions qu’ils souffrirent de la part des mahométans. Ils habitent aujourd’hui le Kerman et le Goudjerate.

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