‹ Morceaux choisisChapitre 59 sur 369 · Attendre à les marier = différer de les marier jusqu^ à · texte numérisé non relu

Attendre à les marier = différer de les marier jusqu^ à

3. La royauté et les parlements, luttant contre la jurisprudence canonique qui permettait de se marier librement à l’âge de la puberté romaine, avaient apporté ce tempérament à la puissance paternelle romaine : une lille à 25 ans, un garçon à 30, peuvent après trois sommations respectueuses à leurs parents dans lesquelles ils requièrent « leur avis et conseil », se marier. Mais ils doivent demander « permission aux juges des lieux ae domicile des père et mère », avant d’adresser les sommations.

4. On voit la marche de l’ordonnance : manouvriers de la campagne, petits bourgeois de la campagne, manouvriers de la ville, bourgeois de la ville, bourgeoisie de robe, d’un côté...j de l’autre, les courtisans qui ont rendu les éminents services indiqués.

5. L’éd. Barckhausen, conformément aux indications de Montesquieu, place ici une lettre d’Usbek dans laquelle ce dernier critique les légishileurs en général, leurs inconséquences, leurs bizarreries^ et reproche surtout aux législateurs français de n’avoir pas emprunté aux Romains la « puissance paternelle » qu’il met au-dessus de toutes (CXXIX).

Fi(j. S. — Deux pauvres diables du XVIH ' siècle.

D’après le recueil : Les Cris de Paris », de Pouchardon (Cliaiiniont 1698-1762)

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LETTRES PERSANES

adresse une docte épître sur l’histoire et l’origine des républiques (CXXXI), il crayonne quelques personnages qu’il a coudoyés (CXXXII), et nous raconte ses diverses expéditions dans « une grande bibliothèque ».]

A la Bibliothèque Saint- Victor.

GXXXIIL RIGA A ***.

J’allai l’autre jour voir une grande bibliothèque dans un couvent de dervis, qui en sont comme les dépositaires, mais qui sont obligés d’y laisser entrer tout le monde à certaines heures h

En entrant, je vis un homme grave qui se promenait au milieu d’un nombre innombrable de volumes qui l’entouraient. J’allai à lui, et le priai de me dire quels étaient quelques-uns de ces livres que je voyais mieux relies que les au très 2 : « Monsieur, me dit-il, j’habite ici une terre étrangère ; je n’y connais personne. Bien des gens me font de pareilles questions; mais vous voyez bien que je n’irai pas lire tous ces livres pour les satisfaire : j’ai mon bibliothécaire qui vous donnera satisfaction, car il s’occupe nuit et jour à déchitfrer tout ce que vous voyez-là; c’est ur homme qui n’est bon à rien, et qui nous est très à charge, parce qu’il ne travaille point pour le couvent. Mais j’entends l’heure du réfectoire qui sonne. Geux qui comme moi sont à la tête d’une communauté doivent être les premiers à tous les exercices^. » En disant cela, le moine me poussa dehors, ferma la porte, et, comme s’il eût volé, disparut à mes yeux^.

De Paris, le 21 de la lune de Rhamazan, 1719.

1. Louis Gousin (Paris, 1627- 1707), érudit, président de la Cour des Monnaies, membre de l’Académie française, chargé de continuer le Journal des Savants, de 1687 à 1702, avait légué à l’abbaye de Saint-Victor sa maison, sa bibliothèque personnelle et une rente de 1,000 livres pour l’entretien.

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